Il se dit lui-même "touché". Une dizaine de jours après avoir arbitré la finale du Mondial, remportée par l'Afrique du Sud aux dépens de la Nouvelle-Zélande (11-12), le dernier match de sa carrière, Wayne Barnes a témoigné avoir été la cible d'insultes et de menaces sur les réseaux sociaux lors de la Coupe du monde. Dans un long entretien accordé à la BBC, mis en ligne mercredi 8 novembre, le désormais ex-arbitre international a révélé que sa famille a aussi été visée. "Lorsque des personnes profèrent des menaces contre votre femme et vos enfants, elles doivent rendre des comptes et être punies", a-t-il dénoncé.
"When people make threats of violence against you, against your wife, against your kids, that crosses a line." Rugby World Cup final referee Wayne Barnes says he wants those who made threats towards him and his family to be held to account. pic.twitter.com/UiOju7wahC — BBC Sport (@BBCSport) November 8, 2023
"Les menaces de violence sexuelle, les menaces de dire que nous savons où vous vivez... Ça dépasse les bornes", s'est insurgé l'officiel le plus capé de l'histoire (111 tests dirigés, de 2006 à 2023). "Les médias sociaux ne cessent de s'aggraver et c'est ce qui est triste dans ce sport en ce moment. Il ne s'agit pas d'un cas isolé." Et l'Anglais de 44 ans le sait mieux que quiconque, lui qui a été cyberharcelé l'an dernier après la défaite des Springboks, battus par le XV de France (30-26) à Marseille. Une situation envenimée par le sélectionneur sud-africain, Rassie Erasmus, auteur d'un message lapidaire sur X (ex-Twitter).
Les gens ne voient pas le côté humain.
Wayne Barnes, ex-arbitre international de rugby
Un flot de critiques, d'insultes et de menaces de mort et d'agression sexuelle s'était alors déversé sur Wayne Barnes et ses proches. Au point qu'il en vienne à songer à ranger son sifflet. "Bien sûr que j'ai remis en question mon avenir d'arbitre", avait-il confié dans le podcast "The Good, The Bad and The Rugby", un mois après ce déferlement de violences. "Ce n'est pas seulement une ligne qui a été franchie. On ne pouvait même plus voir la ligne tellement c'est allé loin."
"La partie contre laquelle j'ai toujours lutté et contre laquelle je continuerai à lutter, c'est lorsque ces abus touchent ma famille", a-t-il affirmé au micro de la BBC, se disant prêt à mener ce combat, lui qui exerce la profession d'avocat en dehors des terrains. "Avec ma retraite, je veux m'assurer que tout cela sera pris bien plus au sérieux. Et que les gens seront rendus davantage responsables de leurs actes. Je veux une législation sur ce que les réseaux sociaux peuvent faire pour empêcher cela. Et je veux également que les gouvernements et les organes directeurs puissent regarder ce qu'ils peuvent faire à leur niveau."
"Les gens ne voient pas le côté humain chez les arbitres. Ils pensent que nous sommes des hommes ou des femmes qui arrivent un samedi après-midi et qui gâchent leur journée. Mais nous sommes des êtres humains avec des familles et des enfants", a poursuivi Wayne Barnes, "complétement brisé" et "dévasté" par le sort réservé à son compatriote Anthony Taylor. En mai dernier, cet arbitre international de football, aux commandes de la finale de la Ligue Europa entre le FC Séville et l'AS Rome (1-1, 4 t.a.b à 1), avait été molesté et insulté après la rencontre, à l'aéroport de Budapest. "Cela aurait pu être moi et ma famille après un match", s'est-il identifié. "C'est dans ce genre de moments que l'on se demande pourquoi on fait ça."
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