Avec «Titane», Julia Ducournau a révolutionné la Palme d'or

Anaïs Bordages - Slate FR - 19/07
Avec une Palme d'or féminine, queer et horrifique, le jury du 74e Festival de Cannes a décidé de «laisser entrer les monstres», et de marquer un grand coup l'histoire du cinéma.

On n'y croyait plus. Le Festival de Cannes, qui a signé en 2018 la Charte 50/50 pour la parité et l'inclusivité, traîne depuis des années un bilan mitigé dans ce domaine. Le record absolu du nombre de femmes en compétition reste bloqué à quatre (sur une vingtaine de films), et jusqu'à ce samedi 17 juillet 2021, une seule avait gagné la Palme d'or dans l'histoire du Festival: Jane Campion, avec La leçon de piano en 1993. Et encore, c'était une récompense ex aequo avec un homme, Chen Kaige pour Adieu ma concubine.

Après d'énièmes faux espoirs, notamment en 2016 avec Toni Erdmann, puis en 2019 avec Portrait de la jeune fille en feu, l'idée qu'une femme remporte enfin la Palme d'or sans la partager avec qui que ce soit paraissait de plus en plus chimérique. Mais cette édition 2021, marquée par la pandémie et les restrictions sanitaires, s'est finalement révélée exceptionnelle à tous points de vue. Le premier président noir du jury, Spike Lee, a ainsi fait avancer l'histoire en décernant la récompense ultime à Julia Ducournau pour son deuxième long-métrage radical et incendiaire, Titane: l'his...
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