Menaces, mentalités, lutte pour l'égalité... L'Espagnole Jenni Hermoso se confie après le scandale du baiser forcé

LCI - 06/11
[VIDÉO] - La joueuse espagnole Jenni Hermoso, embrassée de force par l'ancien patron du foot espagnol Luis Rubiales, a accordé sa première interview depuis les faits. Auprès de "GQ", elle assure avoir surmonté cet épisode "difficile" grâce à l'aide d'une psychologue. Elle souhaite désormais qu'on se rappelle d'elle comme "d'une personne qui a essayé de changer les mentalités".

La joueuse espagnole Jenni Hermoso, embrassée de force par l'ancien patron du foot espagnol Luis Rubiales, a accordé sa première interview depuis les faits.
Auprès de "GQ", elle assure avoir surmonté cet épisode "difficile" grâce à l'aide d'une psychologue.
Elle souhaite désormais qu'on se rappelle d'elle comme "d'une personne qui a essayé de changer les mentalités".

L'affaire avait fait polémique au cœur de l'été. La joueuse espagnole Jenni Hermoso est devenue malgré elle un symbole mondial dans la lutte pour l'égalité homme-femme, après avoir été embrassée de force par l'ex-patron du foot espagnol Luis Rubiales, lors du sacre mondial de son équipe le 20 août dernier. Depuis, la joueuse de 33 ans a été élue femme de l'année 2023 par l'édition espagnole du magazine américain GQ.

Dans une longue interview, elle revient sur cet épisode "difficile" qu'elle dit avoir réussi à surmonter grâce à l'aide d'une psychologue, mais ne souhaite surtout pas que cette affaire tombe aux oubliettes. "Je veux qu'on se souvienne de moi comme d'une personne qui a voulu hisser l'Espagne au sommet, mais surtout comme d'une personne qui a essayé de changer les mentalités", déclare-t-elle. "J'ai dû assumer les conséquences d'un acte que je n'ai pas provoqué, que je n'ai pas choisi ni prémédité. J'ai même reçu des menaces, et c'est une chose à laquelle on ne s'habitue jamais", explique celle qui a porté plainte pour "agression sexuelle" contre Luis Rubiales.

Beaucoup d'entre nous ont pris conscience de ce que le mot 'féminisme' signifie

Jenni Hermoso

Les actes de l'ex-président de la Fédération espagnole de football, qui a fini par démissionner après des semaines à tenter de justifier ce qu'il présentait comme "un petit bisou consenti", ont provoqué une onde de choc internationale. Les joueuses espagnoles, qui ont fait grève pour soutenir leur coéquipière en réclamant des changements immédiats au sein de leur fédération, ont reçu le soutien de nombreuses personnalités du monde sportif et culturel.

"Avec tout ce qui s'est passé, je pense que beaucoup d'entre nous ont pris conscience de ce que le mot 'féminisme' signifie vraiment. Nous, les footballeuses, avons vécu de près la lutte pour l'égalité", assure Hermoso. "On nous a traitées de capricieuses. Les gens ont dit que nous voulions être payées comme les garçons, mais ce n'était pas vrai."

La meilleure buteuse de l'histoire de la sélection espagnole se dit "très en colère" face aux constats qui rappellent que le football féminin "ne génère pas autant de revenus que le football masculin." "Nous le savons et nous n'avons jamais demandé à être payées comme eux. Nous voulions simplement l'essentiel : un salaire minimum, le respect et la possibilité de faire quelque chose de grand", résume Jenni Hermoso.

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La meneuse de jeu de Pachuca, au Mexique, qui a fait un retour triomphal sous le maillot de la Roja en octobre dernier, affirme vouloir désormais "profiter de son sport". Elle souhaite aussi que le mouvement féministe #SeAcabo ("C'est terminé"), né pour la soutenir, ouvre "une nouvelle ère" pour le sport féminin. Et "si je dois y mettre mon grain de sel pour faire changer les choses, je n'hésiterai pas", conclut-elle.

I.N avec AFP

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