Cet article est issu du magazine Les Indispensables de Sciences et Avenir n°215 daté octobre/ décembre 2023.
"L’humain n’aurait jamais inventé les avions sans l’observation des oiseaux" , s’exclame Gilles Boeuf, ancien président du Muséum national d’histoire naturelle et président du Ceebios, le Centre d’études et d’expertises en biomimétisme. Dès le 19e siècle, le marin Jean-Marie Le Bris s’est inspiré du vol de l’albatros pour inventer un planeur à ailes mobiles, une "barque ailée" constituée de bois et de toile, tel un oiseau artificiel.
Quelques années plus tard, en 1890, l’ingénieur français Clément Ader imite l’aile de la chauve-souris pour faire décoller le premier engin motorisé plus lourd que l’air. Le secteur aéronautique est le précurseur d’une méthode d’innovation de plus en plus plébiscitée, le biomimétisme. Il s’agit d’observer les stratégies d’adaptation élaborées par les organismes vivants pour les transposer dans des inventions technologiques.
Cette approche a été théorisée en 1997 par la scientifique américaine Janine Benyus qui lui donne une dimension quasi philosophique : selon elle, le biomimétisme doit s'inscrire dans un objectif d'innovation responsable et durable, contribuant au bien-être de l'humanité. "Le vivant œuvre avec une grande parcimonie d'énergie, il utilise des éléments abondants dans la nature, recycle les déchets et fixe le carbone", remarque Gilles Boeuf. Le biomimétisme repose sur des échanges transdisciplinaires, n...
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