Record historique de précipitations depuis la mi-octobre, après un début de mois très sec

LCI - 03/11
[VIDÉO] - Les quinze derniers jours ont été marqués par des précipitations record, du jamais vu depuis 1958. Ils ont succédé à une première quinzaine d'octobre diamétralement opposée, marquée par une sécheresse préoccupante. Les récentes pluies ont permis de soulager plusieurs départements, mais leur effet à long terme sur l'état des sols n'est pas encore connu.

Les quinze derniers jours ont été marqués par des précipitations record, du jamais vu depuis 1958.
Ils ont succédé à une première quinzaine d'octobre diamétralement opposée, marquée par une sécheresse préoccupante.
Les récentes pluies ont permis de soulager plusieurs départements, mais leur effet à long terme sur l'état des sols n'est pas encore connu.

Un grand écart météorologique, en quelques semaines à peine. La France est passée d'un extrême à l'autre au cours du mois d'octobre, enchaînant une quinzaine historiquement sèche, avant d'enregistrer des précipitations records ces quinze derniers jours, notamment sous l'effet de la violente tempête Ciarán, accompagnée de fortes pluies. Un revirement spectaculaire, à l'heure où le changement climatique rend les vagues de chaleur plus intenses et plus tardives dans l'année, et a des effets concrets sur l'intensité des pluies.

Du jeudi 19 octobre au jeudi 2 novembre, "138 mm de pluie agrégés" sont tombés sur le pays, un record sur 15 jours consécutifs "tous mois confondus et depuis le début de l'indicateur en 1958", a signalé vendredi sur le réseau X (ex-Twitter) le prévisionniste de Météo-France François Jobard. Le précédent record remontait à trente ans en arrière, lorsque 130 mm de précipitations avaient été relevés entre le 21 septembre et le 5 octobre 1993, a précisé le météorologue. 

Au début de la semaine, avant que la tempête Ciarán ne déferle sur le quart nord-ouest du pays, le spécialiste météo de LCI Guillaume Woznica signalait déjà que la deuxième quinzaine d'octobre avait été "la plus arrosée" qu'ait connu le pays, avec déjà relevés à ce moment-là 125 mm de précipitations en moyenne. Le contraste est saisissant avec la quinzaine précédente, début octobre, qui a quant à elle été "la plus sèche jamais observée à l'échelle nationale". Un parallèle "caricatural et exceptionnel, entre une 1ère partie anticyclonique et une seconde dépressionnaire", commentait le journaliste.

Début octobre, le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) avait alerté sur l'état des nappes phréatiques, qui pâtissaient de la chaleur automnale inhabituelle et des pluies insuffisantes. Un constat d'autant plus inquiétant que c'est normalement à cette saison que les nappes commencent à se recharger, si bien que le service géologique se montrait déjà pessimiste pour l'année 2024. Météo-France s'était aussi alarmée le 12 octobre de voir que la barre des 30 degrés avait été régulièrement franchie et qu'il n'avait "quasiment pas plu" depuis le début du mois. Le service météorologique disait craindre une "tendance à l'assèchement" des sols, après un déficit déjà marqué de précipitations en septembre, de 20% en moyenne.

Des restrictions d'eau levées dans plusieurs départements

Depuis, les importantes précipitations des derniers jours sont venues soulager certains départements : ces dernières heures, plusieurs préfectures ont annoncé lever des restrictions en vigueur sur l'usage de l'eau, comme celle du Loir-et-Cher, de la Haute-Savoie ou encore de la Creuse. Mais ce n'est pas le cas partout. Dans les Bouches-du-Rhône par exemple, le préfet a signalé que "les dernières précipitations n'ont pas eu d'effet durable sur les ressources en eau" et a maintenu les restrictions en vigueur. 

Pour cause, des pluies intenses ne signifient pas pour autant que le danger de la sécheresse est totalement écarté. La semaine passée, l'agrométéorologue Serge Zaka se réjouissait sur le réseau X toujours de voir la "sécheresse de surface" s'éclipser progressivement sur une large partie du pays, tout en signalant que les nappes phréatiques, elles, "restent à la traîne". Une situation "à suivre pour le reste de l'automne", soulignait-il.

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