Cet été, nous sommes partis à la rencontre de différents gardiens : le garde-technicien de l’estuaire de la Seine, le protecteur animalier du zoo de la Flèche, et les drôles de vigies du château fort de Tonquédec. Aujourd’hui, c’est dans une ambiance plus funèbre que nous rencontrons notre dernier gardien : Eric Possémé, conservateur de cimetière.
Crachin typique de l’Ouest. Atmosphère sombre. Silence de plomb. Tout semble renforcer l’ambiance macabre du cimetière de Pontivy (Morbihan). C’est parmi une centaine de tombes et de stèles érigées en plein milieu des terres de Bretagne, loin de la vie côtière, que se présente le gardien du lieu. Tout sourire, l’air boute-en-train, Eric Possémé brise l’image de son métier funèbre où la mort, le deuil et le chagrin occupent le quotidien.
Un panneau « le gardien est dans le cimetière » est accroché à la porte de la conciergerie. Dans ce petit local, l’homme de 59 ans s’adonne aux tâches administratives. Car la mort est aussi une affaire de business. « Il faut monter les dossiers avec les pompes funèbres, conseiller des marbriers aux familles, faire l’état des lieux des concessions, en plus d’entretenir le cimetière, commente Eric Possémé. Je fais du droit, du social, et du jardinage ! »
Heureusement, il n’est pas seul à accomplir ce métier multicasquettes. Gilles Evanno et Didier Guémot endossent aussi le rôle de gardien. Un mot qu’Eric Possémé n’aime pas. « Ça fait penser à la prison. » Et fossoyeur ? « Ça, c’est quand on creuse les tombes. Ce n’est pas mon cas. » Il préfère le terme de conservateur.