Alors que les alertes pleuvent sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza, Israël affirme à nouveau que le Hamas se sert de sa population comme "bouclier humain", allant selon lui jusqu'à "utiliser cyniquement" des centres de santé. L'armée israélienne a accusé vendredi le mouvement islamiste palestinien de "mener la guerre depuis les hôpitaux" de l'enclave côtière, des accusations immédiatement démenties par le groupe islamiste palestinien.
Un porte-parole de Tsahal, Daniel Hagari, a accusé le mouvement islamiste d'utiliser les hôpitaux "comme centres de commandement et comme caches", avec des accès vers son réseau de tunnels souterrains, et de détourner l'usage du carburant destiné aux hôpitaux pour "l'utiliser pour son infrastructure terroriste". "Les terroristes se déplacent librement dans l'hôpital al-Shifa" de Gaza-ville, le plus grand de l'enclave, un établissement qui abriterait selon lui le principal centre d'opérations du Hamas, ainsi que les autres hôpitaux du territoire.
Des accusations reprises par le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou lui-même, qui a affirmé sur le réseau X (ex-Twitter) que le Hamas "transforme les hôpitaux en quartiers généraux de sa terreur". Il a partagé une vidéo des services de renseignements israéliens, qui se présente comme une modélisation de la manière dont le groupe islamiste palestinien utiliserait l'hôpital d'al-Shifa pour déployer des postes de commandements et de contrôle "au-dessus et sous la terre".
Hamas-ISIS is sick. They turn hospitals into headquarters for their terror. We just released intelligence proving it. Here it is: pic.twitter.com/F82OxaIPN6 — Benjamin Netanyahu - בנימין נתניהו (@netanyahu) October 27, 2023
Le Hamas a immédiatement démenti dans un communiqué "les allégations du porte-parole de l'armée de l'ennemi, (...) dénuées de fondement", fustigeant une "série de mensonges". Dans un communiqué partagé sur Telegram, l'un de ses dirigeants, Ezzat al-Risheq, a nié notamment que des "chefs du Hamas se trouvent dans le sous-sol de l'hôpital al-Shifa".
Il a aussi affirmé ces déclarations israéliennes sont destinées avant tout à "ouvrir la voie pour cibler" cet hôpital où selon lui, 40.000 personnes déplacées ont trouvé refuge "pour tenter d'éviter les bombardements". "Nous mettons en garde contre un nouveau massacre et appelons les dirigeants des pays arabes et islamiques et des pays du monde à agir", a-t-il ajouté.
Déclenchée par les attaques du Hamas sur son territoire, la campagne de bombardements israéliens sur la bande de Gaza a tué 7326 personnes, dont plus de 3000 enfants, selon le bilan annoncé vendredi par le ministère de la Santé du groupe islamiste palestinien. Les organisations humanitaires alertent quotidiennement sur la situation catastrophique pour les quelque 2,4 millions d'habitants du petit territoire palestinien, notamment dans les hôpitaux menacés par le manque de carburant.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait savoir vendredi que 23 des 35 hôpitaux de l'enclave palestinienne étaient encore partiellement fonctionnels et que cinq camions transportant des fournitures de l'OMS étaient entrés à Gaza depuis le 7 octobre. L'ONU affirme par ailleurs mettre tout en œuvre pour s'assurer que l'aide humanitaire envoyée dans l'enclave côtière parvienne bien aux populations et ne soit pas déviée.
Lors d'un briefing en visioconférence depuis Genève, la coordinatrice des affaires humanitaires de l'organisation pour les territoires palestiniens, Lynn Hastings, a déclaré que "des négociations très, très détaillées" sont en cours pour tenter de répondre aux préoccupations de sécurité d'Israël, "qui sont tout à fait légitimes, notamment en ce qui concerne le carburant, un produit à double usage et à haut risque". "Nous devons faire entrer les camions-citernes (...) et nous devons le faire d'une manière sécurisée qui offre à Israël l'assurance que l'argent ne sera pas détourné", a-t-elle déclaré.
Plus de 1400 personnes ont été tuées côté israélien depuis le 7 octobre, essentiellement des civils massacrés par le Hamas ce jour-là, selon les derniers chiffres des autorités israéliennes, qui ont identifié près de...
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