La coalition internationale mise sur pied pour lutter contre Daech pourrait-elle combattre le Hamas ? C'est en tout cas l'idée avancée mardi, depuis Jérusalem, par Emmanuel Macron. Aux côtés du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président français a tendu la main aux pays qui, comme la France, lutte contre le terrorisme en Syrie et en Irak depuis 2014. Non sans s'attirer des critiques de la part des protagonistes de ce dossier. Et pour cause : dans les faits, difficile d'orchestrer une riposte au mouvement islamiste palestinien comparable à celle contre le groupe État islamique.
"La France est prête à ce que la coalition internationale contre Daech, dans le cadre de laquelle nous sommes engagés pour notre opération en Irak et en Syrie, puisse lutter aussi contre le Hamas", a déclaré Emmanuel Macron à l'issue d'une rencontre bilatérale avec Benjamin Netanyahu, au premier jour de sa visite au Proche-Orient, deux semaines après les attaques du 7 octobre. Avant de prôner l'union : "Je propose à nos partenaires internationaux que nous puissions bâtir une coalition régionale et internationale pour lutter contre les groupes terroristes qui nous menacent tous."
Selon le chef de l'État, la coalition anti-djihadiste mise sur pied par Washington en 2014 pourrait mettre à contribution au Proche-Orient ses moyens. Ils sont considérables : avec l'appui de forces locales, elle comprend 86 pays, dont le Royaume-Uni, l'Australie, le Canada et la Turquie.
La France, elle, a notamment mobilisé jusqu'à 1200 militaires au profit de la coalition, via des opérations aériennes (5 à 10% des frappes), des forces spéciales en Syrie, de l'artillerie et des sessions de formation de l'armée irakienne. À ce jour, 600 militaires sont encore déployés dans la région dans le cadre de l'opération Chammal, qui comprend un volet sur la formation et le conseil des forces irakiennes, un autre sur l'appui aérien. Depuis 2022, il n'y a plus d'opérations menées au sol.
C'est l'intérêt d'Israël et de sa sécurité, celle aussi de plusieurs de vos voisins menacés
Emmanuel Macron à Benjamin Netanyahu
De l'aveu d'Emmanuel Macron, cette puissance de frappe serait à la hauteur des enjeux. Déjà car "la situation est très tendue à la frontière avec le Liban", où le président a appelé "le Hezbollah, le régime iranien, les Houthis au Yémen" à "ne pas prendre le risque inconsidéré d'ouvrir de nouveaux fronts". Mais aussi à une échelle plus globale : "C'est l'intérêt d'Israël et de sa sécurité, celle aussi de plusieurs de vos voisins menacés par ces mêmes groupes ou des groupes voisins. La lutte doit être sans merci, mais pas sans règles, car nous sommes des démocraties qui luttons contre des terroristes, des démocraties donc qui respectent le droit de la guerre et assurent l'accès humanitaire."
Problème, si la majorité des membres de la coalition sont sur la même longueur d'onde que l'Élysée, ce n'est pas le cas de tous. De nombreux pays ont un avis différent sur le Hamas, notamment le Liban, le Qatar, la Jordanie, la Libye ou l'Irak. Autre problème : certains membres sont ouvertement hostiles à Israël. C'est le cas de l'Irak, qui ne reconnaît pas l'existence-même du pays, ou la Libye, qui n'entretient aucune relation avec son gouvernement.
Autre épine dans le pied d'Emmanuel Macron : le fait que, contrairement à Daech, le Hamas n'est pas un groupe terroriste isolé. Il dispose d'alliés puissants dans la région, comme le Hezbollah libanais, soutenu par l'Iran, ennemi intime d'Israël. In fine, cette coalition d'un nouveau genre s'apparenterait à une structure pro-israélienne, sauf que la rue et plusieurs gouvernements arabes sont pro-palestiniens. Difficile, dès lors, de les convaincre de mener une telle riposte. Sans compter que, contrairement à Daech qui s'était emparé de pans de territoires par la force, le Hamas a pris le pouvoir par les urnes en 2006 dans la bande de Gaza.
Quelques heures après la main tendue par Emmanuel Macron aux membres de la coalition anti-EI et l'apparition des premiers doutes sur la pertinence d'une telle opération, l'Élysée a voulu rassurer : il s'agissait "de s'inspirer de l'expérience de la Coalition internationale contre Daech et voir quels aspects sont réplicables contre le Hamas".
"Nous sommes donc disponibles pour réf...
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