Mort subite du nourrisson : alerte sur les images affichées sur les paquets de couche

LCI - 24/10
[VIDÉO] - Une nouvelle étude menée dans 11 pays européens, dont la France, a passé au crible des emballages de couches. Elle révèle que près de quatre paquets sur dix représentent des bébés endormis dans des positions non conformes aux recommandations pour la prévention de la mort subite. Dans l'Hexagone, ce syndrome entraîne entre 250 et 350 décès par an.

Une nouvelle étude menée dans 11 pays européens, dont la France, a passé au crible des emballages de couches.
Elle révèle que près de quatre paquets sur dix représentent des bébés endormis dans des positions non conformes aux recommandations pour la prévention de la mort subite.
Dans l'Hexagone, ce syndrome entraîne entre 250 et 350 décès par an.

Des bébés allongés sur le ventre, sur le côté, entourés d'accessoires dangereux... Dans plusieurs pays européens dont la France, des paquets de couches affichent des images de couchage des nourrissons qui ne sont pas conformes aux recommandations pour la prévention de la mort subite, alerte lundi 23 octobre une équipe de chercheurs après une étude publiée dans The Journal of Pediatrics. Selon leurs travaux, certaines positions de couchage qui représentent des facteurs de risque sont en effet affichées sur près de quatre paquets de couches sur dix étudiés. 

Dans un communiqué, l'Inserm, qui a pris part aux recherches, rappelle que le syndrome de mort subite du nourrisson est la mort inattendue d’un nourrisson de moins d'un an, qui reste inexpliquée après une enquête complète. Parmi les principaux facteurs de risque, la position de couchage sur le ventre a été identifiée au début des années 1990, puis d'autres facteurs ont été décrits, notamment l'utilisation de surfaces de couchage molles (oreiller, peluche, couette...) et le partage du couchage avec une autre personne. 

Près de 80% des emballages représentant un bébé endormi

Depuis une trentaine d'années, des recommandations de couchage ont permis de diminuer de 80% l'incidence de la mort subite en France, qui se situe aujourd’hui entre 250 et 350 décès par an. Cependant, dans plusieurs pays européens dont la France, les taux d'incidence ne baissent plus ou très faiblement, et les pratiques parentales de couchage non conformes aux recommandations sont fréquentes. Or "les images véhiculant des messages de santé implicites ou explicites" influent sur ces manières de faire, explique l'Inserm dans un communiqué.

Des chercheuses et chercheurs de l'institut scientifique, ainsi que de l'Université Paris Cité et de HEC Paris, en collaboration avec l’AP-HP, le CHU de Nantes et d'autres structures de recherche européennes, ont donc eu l'idée d'étudier les images présentes sur les emballages de couches pour bébés de moins de 5 kilos, "les plus à risque de mort subite", dans 11 pays européens dont la France. Sur ces emballages, ils ont retrouvé "de très nombreuses images représentant des bébés endormis" dans une position déconseillée : "couchés sur le ventre ou le côté, sur une literie molle ou entourés d’accessoires pouvant les étouffer ou encore partageant la surface de couchage avec une autre personne".

Exemples d'emballages de couches présentant des images non conformes aux recommandations de prévention de la mort subite du nourrisson, dans le cadre d'une étude menée notamment par l'Inserm, publiée en octobre 2023. - Capture Inserm

Dans le détail, sur 49% des 631 emballages de couches identifiés, une image représentait un bébé endormi. Parmi ces derniers, 79% des paquets, soit 39% de l’ensemble des paquets, étaient non conformes à au moins une recommandation de prévention de la mort subite, selon l'équipe de recherche. On pouvait notamment observer un bébé endormi en position ventrale sur 51% d'entre eux, ou partageant la surface de couchage avec une autre personne sur 10% d'entre eux. Les scientifiques appellent donc à la fois les fabricants et les pouvoirs publics à "prendre des mesures pour rendre ces produits, et plus généralement toutes les photographies commerciales et officielles, conformes aux recommandations". 

Des magazines, brochures et publications Instagram aussi mis en cause

Pour cause, les paquets de couches ne sont pas les seuls incriminés. Les chercheurs ont aussi trouvé des images non conformes sur des sites internet d'agences sanitaires ou de sociétés savantes. "Il y a un décalage entre les messages qui sont véhiculés sur ces produits du quotidien ou des sites institutionnels, auxquels de nombreux parents sont fortement exposés, et les recommandations pour la prévention de la mort subite", déplore dans le communiqué un coauteur de l'étude, le Dr Martin Chalumeau, épidémiologiste à l’Inserm, professeur à Université Paris Cité et pédiatre à l’AP-HP.

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Par ailleurs, de précédentes études sur les images de bébés endormis dans les magazines pour parents, les brochures de lit pour bébés, les sites web de banques de photos commer...
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