Pour la première fois depuis 2006, les Libanais sont à nouveau confrontés à la perspective d’une guerre dévastatrice avec Israël, dans le sillage du conflit actuel à Gaza. Une grande partie de la population ne veut pas et sait qu’elle ne peut pas se permettre une telle guerre. Le Liban est toujours en proie à un effondrement économique qui a commencé en 2019. Pourtant, le Hezbollah, qui domine la scène politique libanaise, semble moins influencé par les souhaits de ses compatriotes que par les priorités stratégiques de son sponsor, l’Iran.
Les Iraniens ont travaillé dur au cours de la dernière décennie pour mettre en place une redoutable capacité de dissuasion aux frontières d’Israël avec le Liban, la Syrie et Gaza. Le Hezbollah est conscient qu’un conflit à grande échelle pourrait affaiblir son emprise sur le Liban et tentera d’éviter une telle issue. Mais en fin de compte, le parti suivra l’exemple de l’Iran.
Plus tôt cette année, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a commencé à faire référence à une stratégie d’« unification des fronts ». L’idée était que des groupes armés soutenus par l’Iran, regroupés dans ce qu’on appelle l’Axe de la Résistance, coordonneraient les opérations contre Israël, notamment pour défendre les lieux saints musulmans de Jérusalem, comme la mosquée Al-Aqsa. En mai dernier, au milieu des affrontements à Gaza entre le Jihad islamique et Israël, Nasrallah a décrit ce que cela signifiait en termes pratiques : « Le véritable titre de la réponse de la résistance à Gaza est [la création d’] un...
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