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Saint Gérald
Jonathan Livernois - Le Devoir -
21/10
Godin avait l’intuition que les phénomènes historiques passent ou cassent, mais que la dignité humaine, elle, demeure.
Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés d’histoire le défi de décrypter un thème d’actualité à partir d’une comparaison avec un événement ou un personnage historique.
On risque d’être accusé de partialité quand on écrit la biographie d’un homme aimé de tous. À peu près toutes les personnes que j’ai interviewées pour mes recherches — une quarantaine — se souviennent de Gérald Godin avec émotion. J’ai cherché fort des opinions discordantes, chez ses ennemis politiques ou, pis encore, chez ses alliés. En vain. Bien sûr, il n’était pas un saint homme. De toute façon, même saint Augustin a volé des poires dans sa jeunesse, alors…
Marc Laurendeau me disait qu’en préparant un documentaire radiophonique sur le Parti québécois (PQ), il s’était rendu compte d’une chose : « Le modèle auquel tout le monde se référait, tous les interviewés, c’était Gérald Godin. » Autrement dit, il incarnait ce que le mouvement indépendantiste avait eu de plus généreux face aux autres, aux immigrants, aux « étranges », comme on disait dans le temps.
Depuis les années 1990, et particulièrement depuis la charte des valeurs québécoises de 2013, la politique québécoise semble avoir perdu de sa superbe en ces domaines. Avant les dernières élections générales, la chroniqueuse politique Josée Legault le disait sans détour : «... [Courte citation de 8% de l'article original]
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