Cher lecteur,
En ces jours nuageux et tristes, je continue de penser à un poème. C'est horrible et magistral à la fois. Parce que son créateur a réussi un jour à mettre des mots sur quelque chose d’absolument indescriptible. Les premiers vers sont :
Lait noir le matin On le boit le soir, on le boit à midi et le matin, on le boit le soir, on boit et on boit, on creuse une tombe dans l'air, pour que tu n'aies pas à rester allongé
Ce que vous y lisez décrit de la fumée. La fumée qui s’élève 24 heures sur 24 des cheminées du camp d’extermination de masse d’Auschwitz. Le poète juif Paul Celan a traité de ce génocide industriel historiquement unique de six millions de Juifs perpétré par les Allemands dans son poème « Death Fugue ». Ce faisant, il leur a créé un monument. C’est une œuvre qui devrait nous choquer à jamais, nous Allemands, et nous servir de rappel éternel.
Intégrer
Il y a une raison particulière pour laquelle je vous écris à ce sujet ce matin. Car mercredi, en plein Berlin, de nombreux manifestants devant le siège du ministère des Affaires étrangères ont crié une phrase qui me stupéfie et m'indigne profondément.
Le cri suivant résonna dans des dizaines et des dizaines de bouches : « Libérez la Palestine de la culpabilité allemande ! » (« Libérez la Palestine de la culpabilité allemande ! ») C’est une phrase indescriptible, dangereuse, historiquement oubliée et antisémite. Parce qu’il prétend que l’Allemagne supprime délibérément les souffrances des Palestiniens par sentiment de culpabilité. Ce n’e...
[Courte citation de 8% de l'article original]