A69 : entre pro et anti, la bataille des sondages

LCI - 19/10
[VIDÉO] - Plusieurs collectifs, dont Les Soulèvements de la Terre, appellent à manifester ce week-end près de Castres contre le projet d'autoroute. L'opposition entre le concessionnaire Atosca et les associations se déroule cette semaine sur le terrain des sondages, aux résultats contradictoires. La préfecture doit dire avant samedi si elle interdit ou non le rassemblement militant.

Plusieurs collectifs, dont Les Soulèvements de la Terre, appellent à manifester ce week-end près de Castres contre le projet d'autoroute.
L'opposition entre le concessionnaire Atosca et les associations se déroule cette semaine sur le terrain des sondages, aux résultats contradictoires.
La préfecture doit dire avant samedi si elle interdit ou non le rassemblement militant.

Entre Atosca, le concessionnaire chargé de construire la portion d'autoroute entre Castres et Toulouse, et les associations qui s'y opposent, la bataille se déroule cette semaine sur le terrain des… sondages. À la veille d'un week-end de mobilisation organisé à l'appel de plusieurs collectifs, des enquêtes contradictoires sont publiées.

Ainsi, un sondage a été commandé à l'Ifop pour le compte d'Agir pour l'environnement et La voie est libre. Celui-ci a été mené auprès de 603 résidents du Tarn et de la Haute-Garonne, avec pour objectif de répondre à l'un des arguments des défenseurs du projet, dont le gouvernement, qui consiste à répéter qu'une majorité d'élus locaux – et de tous bords - soutiennent l'A69.

Selon cette enquête, 61% des habitats du Tarn et de la Haute-Garonne sont favorables à l'abandon de l'A69 et 82% demandent la tenue d'un référendum local sur le sujet (40% y sont plutôt favorables, 42% tout à fait favorables). Par ailleurs, 58% estiment que le projet est "utile mais pas indispensable", 67% jugent qu'il a un impact négatif sur la biodiversité et 56% sur le climat. 

Des sondages sur le Tarn, la Haute-Garonne ou sur la France entière ?

Ce sondage est une réponse à une étude Odoxa commandée par Atosca en mars dernier et basée sur le seul département du Tarn : celle-ci avait conclu que 75% des personnes interrogées soutenaient l'A69. 

Mais pour les défenseurs du projet, le fait d'inclure les habitants de Haute-Garonne dans l'enquête est un biais, puisque le tronçon vise surtout à désenclaver le territoire du Tarn, avec des automobilistes qui sortent du département pour aller travailler ; et concerne moins les habitants de Haute-Garonne, qui pour certains ont déjà les infrastructures de transport à Toulouse et pour les autres ne sont pas concernés géographiquement par l'A69. Dans l'enquête Ifop, les résultats sont toutefois cohérents entre les deux départements.

De son côté, Atosca a décidé de commander une enquête basée sur un échantillon national, arguant justement du fait que les opposants au projet ont porté ce débat sur la scène nationale. Selon ce sondage OpinionWay pour Atosca A69, révélé par TF1 et réalisé en octobre sur un échantillon de 1025 personnes, 53% des personnes interrogées sont favorables à ce projet (10% très favorable, 43% plutôt favorable). 

Dans la même enquête, les sondés jugent que l'A69 est synonyme de création d'emploi (72%), de développement économique (70%), d'accès à des services essentiels (70%), de tourisme (70%), de sécurité routière (68%) et d'accès aux services publics (68%). Quant à la nécessité de développer de nouvelles infrastructures, 69% sont pour de nouvelles lignes TGV, 48% pour des projets d'autoroutes et 31% pour de nouveaux aéroports.

On espère être 10.000

Une militante des Soulèvements de la Terre

Cette bataille des chiffres vise aussi à occuper le terrain médiatique alors que le dialogue est au point mort : le gouvernement a réaffirmé lundi sa détermination à aller jusqu'au bout du projet. Plusieurs collectifs d'associations, dont Les Soulèvements de la terre et le Groupe national de surveillance des arbres (GNSA) de Thomas Brail, appellent à un week-end de manifestation sur place, à Saïx précisément, à l'occasion d'un mouvement appelé "Ramdam sur le macadam". "On espère être 10.000", confie une militante des Soulèvements de la terre. La dernière manifestation, en avril, avait réuni 8000 personnes. 

Une arme saisie par les gendarmes

La préfecture va-t-elle interdire le rassemblement ? Pour l'heure, les différentes parties "dialoguent". La préfecture a demandé aux organisateurs des précisions sur le parcours de la manifestation et sur les mesures de sécurité mises en place dans un contexte tendu au niveau national. 

Selon nos informations, le préfet du Tarn précisera l'organisation de la sécurité vendredi mais un gros dispositif policier est attendu. Selon la préfecture, une arme a été saisie jeudi lors d'un contrôle sur les lieux du rassemblement. Il s'agit d'une carabine à air comprimé. Selon des représentants des associations sur place, les gendarmes empêchaient l'accès au campement jeudi après-midi.

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