Permettra-t-elle vraiment de démocratiser l'électrique, comme la 2CV en son temps pour la voiture ? La marque tricolore Citroën a dévoilé, mardi 17 octobre, la première version électrique de son emblématique C3, avec l'ambition de la rendre accessible à tous. Hormis la Dacia Spring, la moins chère des électriques à ce jour sur le marché français, mais qui est fabriquée en Chine, aucun modèle n'est commercialisé dans l'Hexagone, sous la barre des 25.000 euros.
La nouvelle citadine 100% électrique de la marque aux chevrons sera commercialisée dès le printemps 2024, avec un prix affiché de 23.300, bonus écologique non compris. Un prix attractif alors que jusqu'ici, acheter une voiture électrique reste surtout réservé aux ménages très aisés : les coûts d'achat sont supérieurs à ceux des voitures thermiques, à l'heure où abandonner ces dernières au profit de l'électrique est nécessaire pour limiter le réchauffement climatique.
"D’ici à 2035, toutes les voitures seront électriques sur le marché [du neuf]. Et donc, on n’y arrivera pas si on ne rend pas la voiture électrique abordable", souligne le directeur général de la marque Citroën, Thierry Koskas, dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. Poussés également par la concurrence asiatique, les constructeurs européens se sont lancés dans une course à l'entrée de gamme électrique. Mais alors, comment la marque tricolore est-elle parvenue à casser les prix ?
"En termes de conception des designs, on s’assure d’avoir des formes pas trop complexes, faciles à industrialiser. Quand la voiture est facile à monter, c’est du gain de temps et du gain d’argent", explique Thierry Blanchard, chef de projet marque chez Citroën, dans la vidéo en tête de cet article. La batterie du véhicule utilise moins de métaux rares, ce qui la rend moins coûteuse à produire. Le nombre de couleurs sera réduit à 5 pour, là aussi, limiter les coûts. Enfin, la nouvelle ë-C3 va être assemblée en Slovaquie, pays européen où le salaire minimum est de 700 euros par mois.
Le nouveau bonus écologique favorisera les modèles construits en Europe, ce qui va profiter à la nouvelle citadine 100% électrique de Citroën. La Dacia Spring, la moins chère du marché à l'heure actuelle, est commercialisé aujourd'hui au prix de 15.800 euros, bonus écologique déduit. Comme elle n'est pas produite en Europe, son prix passera l'an prochain à 20.800 euros. L'ë-C3 bénéficiera quant à elle du bonus et sera donc vendue au prix 18.300 euros, soit 2500 euros de moins.
"Les constructeurs européens, et en particulier les constructeurs français, doivent répondre à cette concurrence qui sera très forte. Et l’une de ces réponses réside dans le prix attractif qu’ils pourront proposer aux clients", souligne auprès de TF1 Flavien Neuvy, économiste et directeur de l'Observatoire Cetelem. D’autres modèles vont aussi devenir plus compétitifs avec les nouveaux critères du bonus écologique. Ce sera notamment le cas de la e-208 de Peugeot, ou encore de l'iconique R5 que Renault prévoit en version électrique pour l'an prochain autour de 25.000 euros.
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