L’Inde ne adhère pas au nouvel ordre mondial chinois

Michael Schuman - The Atlantic - 17/10
Les États-Unis ne sont pas le seul concurrent à faire obstacle aux ambitions mondiales de la Chine.

Le dirigeant chinois Xi Jinping a accueilli mardi à Pékin des délégations de pays en développement pour célébrer son projet favori, l'initiative "la Ceinture et la Route". Ce forum, le troisième du genre, vise à montrer l’influence de la Chine dans les pays du Sud et à montrer que les efforts de Washington pour isoler et faire pression sur Pékin ne peuvent pas aboutir : la Chine a tout simplement trop d’amis.

Mais une personne très importante était absente. Le Premier ministre indien Narendra Modi et son gouvernement ont fermement refusé de se joindre au programme de construction d’infrastructures de Xi et ont plutôt favorisé des alternatives. Le mois dernier, Modi et le président américain Joe Biden ont annoncé un projet commun visant à relier l’Inde à l’Europe via le Moyen-Orient par chemin de fer et par bateau.

L’absence de Modi au forum de la Ceinture et de la Route est un signe que la rivalité entre les États-Unis et la Chine n’est pas la seule à façonner les affaires mondiales. Un autre, entre l’Inde et la Chine, pourrait avoir des conséquences géopolitiques tout aussi importantes. L’enjeu est la forme du Sud et son rôle dans la gouvernance internationale. La vision qui prévaudra – celle de Xi ou celle de Modi – contribuera à déterminer l’avenir de l’ordre mondial et de la puissance mondiale américaine.

L’objectif de Xi est de constituer un bloc de partisans dans les pays du Sud qu’il pourra utiliser pour étendre l’influence chinoise et défier la primauté américaine. Mais New Delhi n’est pas beaucoup plus désireux que Washington d’inaugurer un système mondial centré sur la Chine. Modi a donc intensifié sa diplomatie dans les pays du Sud, afin que l’Inde puisse servir de con...
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