Censées lutter contre les fake news sur X (ex-Twitter), les "community notes" ont leurs limites

LCI - 16/10
[VIDÉO] - Sur le réseau social X, il est désormais possible aux utilisateurs d'ajouter des notes contextuelles pour compléter ou infirmer des messages. Elon Musk s'en réjouit et y voit un dispositif très efficace pour lutter contre la désinformation. Le conflit entre Israël et le Hamas nous prouve toutefois que ces précisions rédigées par des utilisateurs ne sont pas exempts de reproches.

Sur le réseau social X, il est désormais possible aux utilisateurs d'ajouter des notes contextuelles pour compléter ou infirmer des messages.
Elon Musk s'en réjouit et y voit un dispositif très efficace pour lutter contre la désinformation.
Le conflit entre Israël et le Hamas nous prouve toutefois que ces précisions rédigées par des utilisateurs ne sont pas exempts de reproches.

Il y a quelques jours, le Commissaire européen Thierry Breton s'adressait officiellement à Elon Musk, le patron de X (ex-Twitter). Il le menaçait de sanctions, en marge du conflit entre Israël et le Hamas : "Nous avons des indications selon lesquelles votre plateforme est utilisée pour diffuser des contenus illégaux et de la désinformation dans l’Union européenne", lui faisait savoir l'ancien ministre français. Le réseau social, pour sa part, se réjouit du succès des "community notes", un outil lancé ces derniers mois et censé prévenir sur X la propagation des fake news. En pleine guerre, il lui arrive toutefois de montrer ses limites.

Le fils de Donald Trump relaie une vidéo de massacre

Quelques recherches sur X permettent d'observer le partage d'innombrables photos et vidéos de corps de victimes israéliennes ou palestiniennes. Si la plateforme américaine est mise en cause pour son manque de modération et le filtrage assez médiocre des publications choquantes, elle insiste sur ses actions contre la désinformation, en particulier grâce aux "community notes". En pratique, les utilisateurs de X sont invités à proposer des "notes de la communauté", c'est-à-dire des messages venant se placer à la suite d'une publication de manière à apporter des éléments de contexte ou des précisions lorsque le message initial est trompeur ou mensonger. Ces notes sont "désormais vues des dizaines de millions de fois par jour", s'enthousiasme le réseau social.

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Donald Trump Jr, le fils de l'ancien président américain, a fait partie des utilisateurs épinglés par l'une de ces "community notes". À ses 10 millions d'abonnés, il a partagé une vidéo particulièrement violente. Cette vidéo provenant d'une "source en Israël", a glissé l'intéressé, laissant entendre que les combattants du Hamas étaient à l'origine du carnage ici filmé. 

Avant que X ne se décide à rendre inaccessible la vidéo, la séquence est restée en ligne durant plusieurs jours et s'est trouvée au cœur d'une polémique. Donald Trump Jr. a tout d'abord été accusé de fake news, une note assurant que la vidéo était "ancienne" et pas liée au conflit actuel. La preuve avancée ? Un lien, menant à cette même vidéo hébergée sur un site iranien et qui prouverait l'antériorité de la diffusion.

Des notes prises pour argent comptant par les utilisateurs

Les opposants au fils Trump et des militants pro-Palestiniens se sont empressés de dénoncer une manipulation, mettant en avant la note de la communauté. Problème : celle-ci s'est révélée trompeuse. La date de mise en ligne de la vidéo n'est autre que le 7 octobre 2023, soit le jour de l'attaque du Hamas contre Israël... Impossible, donc, d'y voir un élément qui attesterait que ces images sont anciennes. Par la suite, la "community note" a évolué. Elle a retiré le lien vers la plateforme iranienne, préférant se référer à un tweet selon lequel la vidéo est datée de 2015. Une affirmation qui s'est révélée aussi problématique que la précédente, puisqu'elle s'appuyait sur une capture d'écran n'apportant aucun élément tangible. 

Alors que Donald Trump Jr. était depuis trois jours mis en cause et accusé de mensonges, le média américain Wired a apporté des éléments qui ont changé la donne. S'appuyant sur une "analyse indépendante" réalisée grâce à des sources ouvertes, le site a assuré que la vidéo était authentique et qu'elle montrait bien "des combattants du Hamas tirant sur des Israéliens". Un revirement de situation complet puisque le fils de l'ancien chef d'État s'est vu en un instant réhabilité par ces révélations. La note a quant à elle changé une deuxième fois, pour mettre en ligne l'article de Wired. 

Un outil encore faillible

Un autre message récent a montré les failles des "community notes". Le 14 octobre, le compte officiel de l'État d'Israël a en effet mis en ligne une photo sur laquelle on observait le sol d'une maison ou d'un appartement tâché de sang. L'authenticité de l'image a rapidement été mise en doute, des internautes estimant qu'il s'agissait de faux sang. Durant plusieurs heures, une note s'est vue greffée à la publication, insinuant que cette scène avait été fabriquée de toutes pièces. Cette affirmation polémique a finalement été supprimée.

Ces exemples mettent en lumière les limites d'un système de notes basé sur des contributions d'utilisateurs. Si un outil de vote permet aux contributeurs d'évaluer la pertinence d'un ajout, les "community notes" peuven...
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