Attaque d'Arras : Emmanuel Macron veut "un État impitoyable envers ceux qui portent la haine"

LCI - 16/10
[VIDÉO] - À la demande de l'Élysée, les préfets vont passer au peigne fin le fichier des personnes radicalisées susceptibles d'être expulsées en France. Il veut s'assurer qu'il n'y ait pas eu "d'oubli" dans l'examen des procédures. Une décision qui intervient quatre jours après l'attentat d'Arras qui a tué un enseignant.

À la demande de l'Élysée, les préfets vont passer au peigne fin le fichier des personnes radicalisées susceptibles d'être expulsées en France.
Il veut s'assurer qu'il n'y ait pas eu "d'oubli" dans l'examen des procédures.
Une décision qui intervient quatre jours après l'attentat d'Arras qui a tué un enseignant.

Emmanuel Macron veut être "impitoyable". Quatre jours après l'attentat d'Arras, dans lequel le professeur Dominique Bernard a été poignardé à mort par un ancien élève fiché S, le président de la République a demandé le réexamen du fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). Dans ce cadre, le ministre de l'Intérieur a envoyé, ce lundi 16 octobre, une circulaire à destination des préfets pour qu'ils réunissent les groupes d'évaluation départementaux de la radicalisation dans les 48 heures.

Ces groupes, composés de membres de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), de gendarmes et de membres des renseignements territoriaux, devront réexaminer le dossier de chaque fiché S dans le détail - particulièrement pour les personnes étrangères ou en situation irrégulière - pour "s'assurer que toutes les personnes radicalisées qui sont expulsables l'ont bien été" ou "accélérer les procédures". Les groupes devront également "revérifier qu'il n'y a aucun oubli et qu'on est bien allés au maximum de la procédure", précise le Palais.

Un travail spécifique sur les jeunes originaires du Caucase

Le chef de l'État souhaite ainsi que ses ministres "incarnent un État impitoyable envers tous ceux qui portent la haine et des idéologies terroristes", détaille l'Élysée. En plus de la circulaire, Emmanuel Macron a demandé à Gérald Darmanin de mener un travail spécifique sur les jeunes originaires du Caucase et âgés entre 16 et 25 ans. Une population chez qui il existe un "rapport à la violence particulier", notamment en Ingouchie et en Tchétchénie où un islam très radical et violent s'est diffusé depuis des années, précise le Palais.

En effet, que ce soit dans le cas de l'assassinat de Samuel Paty il y a trois ans ou de Dominique Bernard vendredi, tous deux enseignants, l'assaillant était à chaque fois originaire de cette région. Le président a donc demandé un "suivi spécifique", pour réfléchir à des "mécanismes de dépistage ou d'accompagnement de ces jeunes", et "travailler sur le décrochage de la radicalisation" et la "prévention", selon son entourage qui rejette toute idée de "discrimination".

Lire aussi

Né en Russie et originaire de la république fédérale d'Ingouchie, l'assaillant d'Arras, fiché S pour "sûreté de l'État" était suivi depuis peu par la DGSI, alors que son père avait été expulsé en 2018 pour radicalisation et son frère aîné incarcéré pour sa participation à un projet d'attentat visant l'Élysée. En 2014, sa famille avait été visée par une procédure d’expulsion, finalement annulée.

La rédaction de TF1info

Sur lemême thème

  • #Emmanuel Macron
  • #Gérald Darmanin
  • Police, justice et faits diversAttaque au couteau à Arras : un enseignant tué
Loading...