VIDÉO - Arras, Conflans-Sainte-Honorine, Paris… Une filière de terroristes venus du Caucase ?

LCI - 14/10
[VIDÉO] - Pour comprendre la dérive islamiste du tueur d'Arras, un autre élément est essentiel : sa nationalité. Né en Russie, il appartient à la minorité ingouche, une région proche de la Tchétchénie. Ces dernières années, plusieurs assaillants originaires du Caucase ont visé la France et endeuillé le pays.

Pour comprendre la dérive islamiste du tueur d'Arras, un autre élément est essentiel : sa nationalité.
Né en Russie, il appartient à la minorité ingouche, une région proche de la Tchétchénie.
Ces dernières années, plusieurs assaillants originaires du Caucase ont visé la France et endeuillé le pays.

En 2018 à Paris, en octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) et en octobre 2023 à Arras. Dans chacune de ces trois affaires, l'assaillant vient d'une région située à 3000 km de l'Hexagone : le Caucase du Nord, principalement de Tchétchénie et d'Ingouchie. Une région de Russie régulièrement touchée par les conflits au début des années 2000 et qui a conduit à la fuite de nombreux habitants.

"C'est, pour la plupart, une génération de réfugiés. Ils ont vécu la guerre ou l'ont appris par le récit des parents. Je rappelle que la Tchétchénie a vécu deux guerres contre la Fédération de Russie pour son indépendance", analyse le président de l'Institut Léonard de Vinci et spécialiste des questions de sécurité globale, Driss Aït Youssef, pour le 20H de TF1. 

Au cœur de Paris, en mai 2018, un homme de 19 ans succombe à une attaque au couteau. L'attentat a, peu après, été revendiqué par l'État islamique. Abattu par les forces de l'ordre, le terroriste était un Franco-russe originaire de Tchétchénie âgé de 20 ans. Le 16 octobre 2020, le professeur Samuel Paty est assassiné devant son collège à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Son assassin, abattu sur les lieux de l'attaque par les policiers peu après, était un jeune homme russe de 18 ans originaire de Tchétchénie. Il était détenteur du statut de réfugié via ses parents. 

Une alerte des services de renseignement lancée en 2020

Ce vendredi 13 octobre, le professeur Dominique Bernard a été tué à Arras (Pas-de-Calais) par un homme de 20 ans dont la famille avait fui, pour sa part, la région d'Ingouche, frontalière de la Tchétchénie. Ces deux Républiques sont issues de la Fédération de Russie dont une partie des habitants a fui la guerre dans les années 2000 pour gagner l'Europe et la France.

En 2020, après l'assassinat de Samuel Paty, une note de la DGSI était consacrée à la mouvance islamiste nord-caucasienne. Entre 2018 et 2020, six affaires ont mis en lumière l'implication d'hommes nord-caucasiens dans des projets djihadistes dans l'Hexagone.

Ils ne se sentent pas adaptés ni à leur communauté d'origine, ni à celle dans laquelle ils sont arrivés.

Anne Nivat, spécialiste du monde russe, au sujet des Caucasiens du nord radicalisés

Sur le sol français, la communauté originaire du Caucase du Nord est peu nombreuse. On dénombrerait actuellement entre 20.000 et 50.000 personnes. L'infime partie de ceux qui se radicalisent en France appartient souvent à la deuxième génération. Il s'agit alors de très jeunes hommes qui pratiquent un islam plus radical que celui de leurs ainés

"Dans le cas de l'assassinat de Samuel Paty, comme dans le cas de ce professeur à Arras, on a deux jeunes garçons qui sont issus de fratries. C'est aussi très important. Ils ne se sentent pas adaptés ni à leur communauté d'origine, ni à celle dans laquelle ils sont arrivés, c'est-à-dire la France. Ils ont l'impression, à tort ou à raison, d'être exclus de tout le monde et se radicalisent", explique Anne Nivat, grand reporter de guerre et spécialiste du monde russe. 

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