Italie : un papyrus carbonisé par l'éruption du Vésuve il y a 2000 ans révèle ses secrets grâce à l'IA

LCI - 14/10
L'éruption du Vésuve en l'an 79 a enseveli la ville de Pompéi et celle d'Herculanum. C'est dans cette deuxième ville romaine que des centaines de papyrus complètement carbonisés avaient été trouvés. 2000 ans après, l'un d'eux a pu être lu grâce à de nouveaux algorithmes d'apprentissage automatique.

L'éruption du Vésuve en l'an 79 a enseveli la ville de Pompéi et celle d'Herculanum.
C'est dans cette deuxième ville romaine que des centaines de papyrus complètement carbonisés avaient été trouvés.
2000 ans après, l'un d'eux a pu être lu grâce à de nouveaux algorithmes d'apprentissage automatique.

Il a déballé virtuellement un papyrus vieux de près de 2000 ans. Luke Farritor, un étudiant en informatique de 21 ans, a réussi à déchiffrer pour la première fois un mot retranscrit dans un parchemin vieux de près de 2000 ans, a annoncé l'université du Kentucky ce jeudi 12 octobre. Le rouleau, carbonisé dans la ville romaine d'Herculanum, voisine de Pompéi, ensevelie sous la lave après l'éruption du Vésuve en l'an 79, avait été trouvé en 1752, sans jamais avoir révélé ses secrets. Une avancée prometteuse pour les centaines de textes aux lettres invisibles.

Les parchemins passés au rayon X et analysés par l'IA

Au XVIIIe siècle, des ouvriers ont découvert les restes d'une luxueuse villa qui aurait pu appartenir à la famille du beau-père de Jules César. En son sein, une bibliothèque richissime, dont les rayons contenaient des centaines de manuscrits ensevelis par le Mont Vésuve. Sauf que jusqu'à présent, seuls les fragments ouverts pouvaient être expertisés, révélant des textes, majoritairement grecs, relatifs à l'école de philosophie épicurienne. Impossible par contre de lire les quelque 600 manuscrits enroulés sur eux-mêmes : les premières tentatives n'avaient créé qu'un tas de fragments. Si bien que les experts craignaient que ces textes qui nous viennent de l'Antiquité ne puissent jamais être lus.

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Alors, pendant des années, un autre informaticien, Brent Seales, et son équipe ont cherché à "déballer virtuellement" ces délicats vestiges carbonisés. Il s'est rendu compte qu'en passant les écrits au rayon X, l'imagerie pouvait capturer de minuscules différences de texture permettant de distinguer les zones de papyrus recouvertes d'encre. Le déchiffrage des parchemins restait toutefois impossible. C'est pourquoi, en mars dernier, son équipe a publié des milliers d'images 3D des rouleaux passés aux rayons X et créé le "Vesuvius Challenge". À la clé, plusieurs récompenses, dont 40.000 dollars (plus de 38.000 euros) pour quiconque arrivera à déchiffrer plus de dix caractères. 

C'est là que Luke Farritor est entré en jeu. Étudiant à l'Université du Nebraska-Lincoln, il a utilisé l'intelligence artificielle pour apprendre à son algorithme à détecter les différences ultra-subtiles dans la surface du parchemin. Qui a fini par détecter plusieurs lettres grecques, sur une bande d'à peine quatre centimètres carrés. L'un des mots a même pu être traduit : "porphyras" (πορϕυρας), qui signifie "violet" en grec ancien.

Les premières lettres d'un parchemin carbonisé d'Herculanum, découvertes par Luke Farritor - The Vesuvius Challenge

Quelques petites lettres pour beaucoup d'enthousiasme. Ce mot n'apparaissant dans aucun des manuscrits d'Herculanum déjà ouverts, cela signifie que le texte n'a jamais révélé ses secrets auparavant. Une nouvelle "extrêmement excitante", pour reprendre les mots de Thea Sommerschield, historienne et épigraphe à l'Université Ca' Foscari de Venise. Selon elle, le déchiffrement des papyrus pourrait "révolutionner notre connaissance de l’histoire et de la littérature antiques". "Quand j'ai vu la première image, j'ai été choquée", a quant à elle expliqué Federic...
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