« Nous pouvons continuer pour toujours » : rencontrez le dernier chasseur de baleines d’Islande

Daniel Boffey - TheGuardian - 13/10
Pour Kristján Loftsson, l’homme de 80 ans qui assure plus ou moins à lui seul la chasse au rorqual commun, les comparaisons avec Achab, le héros obsessionnel de Moby-Dick, sont « un honneur ». L’opposition à une industrie en voie de disparition va-t-elle enfin le rattraper ?
Deux rorquals communs de 35 tonnes sont attachés par la queue à l'un des baleiniers de Kristján Loftsson après avoir été capturés à Hvalfjörður, près de la capitale islandaise, Reykjavík. Photo : AFP/Getty
Deux rorquals communs de 35 tonnes sont attachés par la queue à l'un des baleiniers de Kristján Loftsson après avoir été capturés à Hvalfjörður, près de la capitale islandaise, Reykjavík. Photo : AFP/Getty

« Nous pouvons continuer pour toujours » : rencontrez le dernier chasseur de baleines d’Islande

Pour Kristján Loftsson, l’homme de 80 ans qui assure plus ou moins à lui seul la chasse au rorqual commun, les comparaisons avec Achab, le héros obsessionnel de Moby-Dick, sont « un honneur ». L’opposition à une industrie en voie de disparition va-t-elle enfin le rattraper ?

L’accord courtois à un entretien s’est accompagné d’un retournement de situation. « Allons-nous déjeuner ? Mangez-vous de la viande de baleine ? » demande Kristján Loftsson, 80 ans, dernier chasseur de rorquals communs en Europe et homme qui n'a pas peur de la controverse.

Depuis plus de cinquante ans, Loftsson nage obstinément à contre-courant, qu’il s’agisse de l’opinion publique, de la réglementation nationale ou d’un consensus international presque complet. "Quand ils me comparent au capitaine Achab dans Moby-Dick, c'est un honneur", dit Loftsson à propos du récit du XIXe siècle sur la quête sanglante d'un marin pour se venger d'une baleine qui lui avait mordu la jambe.

Kristján Loftsson : intelligent et charmant, un adversaire l'appelle. Photographie : Sigga Ella/Tuteur

L’Islande, pays d’origine de Loftsson, est l’un des seuls pays au monde à défier l’interdiction de la chasse commerciale à la baleine imposée par la Commission baleinière internationale, avec le Japon et la Norvège. Cependant, en Norvège, autre exception européenne, on chasse le petit rorqual, dont les populations sont considérées comme stables.

L'utilisation continue au large des côtes islandaises de harpons à pointe de grenade pour tuer les rorquals communs – une espèce qui est l'un des plus grands animaux du monde et classée en voie de disparition par le WWF – est naturellement une cause célèbre des mouvements environnementaux depuis des décennies, un symbole de une grande partie de l'exploitation cruelle de la nature par l'humanité.

A...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...