"Je baisse, j'éteins, je décale et je lève le pied." Tel est le mot d'ordre de la nouvelle campagne publique destinée à encourager les Français dans leurs efforts pour réaliser des économies d'énergies. Le plan sobriété, lancé à il y a un an par la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a permis de faire baisser la consommation de 12% (chiffre corrigé des effets météo). Pour cet hiver, l'objectif demeure inchangé. "On reste sur cet objectif pour qu'il devienne structurel, pour que les habitudes soient définitivement prises", a justifié la ministre jeudi matin sur France 2.
Parmi les bons élèves de l'an dernier, on trouve le sport : 99% des matchs de football et de rugby professionnels ont réduit de près de 50% les éclairages avant et après les matchs pour les rencontres professionnelles en journée, et de 30% en nocturne. Soit une baisse de 7% de la consommation d'électricité et 9% pour le gaz.
Dans le cadre de cette nouvelle campagne, si tous les secteurs sont appelés à maintenir leurs efforts, certains sont visés par des mesures plus concrètes ou encouragés à aller plus loin.
Comme l'an dernier, les particuliers sont invités à respecter les 19 degrés maximum chez eux pendant l'hiver. Selon RTE, l'entreprise qui pilote le réseau électrique, nombre d'entre eux ignorent la température réelle de leurs maisons et appartements. 50% des personnes interrogées disent respecter la consigne. Il faudra donc gravir une marche.
Pour aller plus vite, le gouvernement va déployer des aides pour l'achat de thermostats programmables, des appareils qui coûtent entre 650 et 1000 euros mais qui permettent de réduire la consommation de 15%. L'achat et l'installation de ce type de dispositif sera aidé jusqu'à 80% (en fonction des modèles) et sans condition d'accès. Les enseignes de bricolage vont proposer des offres clés en main. Ce dispositif sera obligatoire dans les logements et les bureaux à partir du 1er janvier 2027.
Par ailleurs, l'application Ecowatt, présentée comme la météo de l'électricité, qui permettait jusqu'ici d'informer les Français sur l'état du système électrique (vert, orange ou rouge), va être améliorée. Objectif : planifier sa consommation (lave-linge, recharge de véhicule) durant les heures les plus favorables.
Enfin, il faudra aller plus loin sur la baisse de consommation de carburants, car si la baisse globale d'énergie a été de 12%, elle n'a été que de 2% pour l'essence, le diesel, etc. Parmi les mesures contraignantes, le malus sur les véhicules les plus émetteurs de CO2 et les plus lourds sera renforcé dès 2024.
D'ici à la fin de l'année, les commerces et les entreprises ne pourront allumer leurs vitrines qu'une heure avant le début de leur activité et les éteindre une heure après la fin. Un arrêté est en cours de préparation en ce sens. Il s'agit "d'adapter les horaires d'éclairage à la réalité de l'activité" de ces bâtiments tertiaires.
Un décret sera également publié pour faciliter les sanctions : 1500 euros d'amende en cas de non-respect de la mesure.
Les collectivités devront aller plus loin pour baisser l'intensité lumineuse de l'éclairage public. Une consultation va être organisée avec les élus locaux.
Les efforts devront se poursuivre sur le volet bâtiment. Les collectivités territoriales consomment environ 40TWh par an. 78 % de l’énergie est consommée par les bâtiments, qui représentent une surface de 280 millions de m², soit 75% du parc de bâtiments publics.
Depuis un an, 92% d’entre elles ont baissé le chauffage et mis en place des systèmes de régulation de la température, 76% ont réduit la période de chauffe et 72% ont interdit les dispositifs de chauffage d’appoint.
Les bâtiments résidentiels représentent 30% de la consommation d'énergie finale en France. C'est particulièrement le chauffage qui pose problème : il représente 66% de la consommation.
Entre 2021 et 2022, le secteur a diminué de 9% sa consommation. Un chiffre relativement faible, par rapport aux autres. Le déploiement à une plus large échelle du dispositif Ma Prime Rénov' et les aides spécifiques pour les rénovations globales doivent permettre d'améliorer ce chiffre en 2024.
En France, 5,2 millions de résidences principales sont des passoires thermiques : elles consomment 200% de plus que les autres logements. L'objectif en 2024 est d'atteindre le chiffre de 200.000 ...
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