"Cupidité", "intimidation", "douleur" : à Hollywood, le ton monte entre les acteurs et les studios

LCI - 12/10
Les patrons des majors sont ressortis furieux de leur dernière réunion avec le syndicat des acteurs. Ils leur reprochent des demandes irréalistes en matière d'intéressement aux revenus du streaming. Une situation de blocage qui prolonge la paralyse de toute l'industrie, malgré la fin de la grève des scénaristes.

Les patrons des majors sont ressortis furieux de leur dernière réunion avec le syndicat des acteurs.
Ils leur reprochent des demandes irréalistes en matière d'intéressement aux revenus du streaming.
Une situation de blocage qui prolonge la paralyse de toute l'industrie, malgré la fin de la grève des scénaristes.

Rien ne va plus à Hollywood ! Au 92ᵉ jour de la grève des acteurs, la perspective d’un accord rapide avec les majors paraît totalement illusoire. "Les négociations sont suspendues", a déclaré mercredi soir Carol Lombardini, la négociatrice de l’AMPTP, l’organisation qui regroupe Disney, Warner, Netlfix & co., visiblement très remontée vis-à-vis du syndicat SAG-AFTRA et de sa présidente, la comédienne Fran Drescher. En cause ? Une proposition d’accord que les majors jugent inacceptable.

Au cours d’une réunion plus tendue que jamais, le SAG-AFTRA a en effet réitéré sa demande d’un intéressement à hauteur de 2% des revenus des plateformes de streaming pour ses membres. Pour les studios, qui évaluent cette requête à hauteur de 2,4 milliards de dollars sur trois ans, cela représente "un poids économique intenable", au risque de mettre en péril leur équilibre financier. 

Nous avons trop sacrifié pour capituler devant leur refus et leur cupidité

Le syndicat SAG-AFTRA

Sur ce sujet épineux, les studios reprochent aux acteurs d'être trop gourmands et de refuser un accord similaire à celui passé il y a quelques jours avec les scénaristes. Il prévoit notamment un intéressement aux profits des films et des séries sous forme de bonus, déclenchés en fonction du succès d’un programme. "Nous espérons que le SAG-AFTRA va revoir sa position et qu’il reviendra rapidement à des négociations plus productives", lâche Carole Lombardini.

Du côté du SAG-AFTRA, on tient un discours bien différent. Dans un communiqué publié quelques heures après celui de l’AMPTP, le syndicat des acteurs accuse les producteurs d’employer des "tactiques d’intimidation" pour les faire céder. "Nous ressentons la douleur que ces entreprises ont infligée à nos membres (…) et à tout le monde dans cette industrie", peut-on lire. "Nous avons trop sacrifié pour capituler devant leur refus et leur cupidité. Nous sommes unis et prêts à négocier aujourd’hui, demain et chaque jour."

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L’intéressement aux revenus du streaming n’est pas le seul sujet de discorde entre les deux camps. Sur celui de l’intelligence artificielle, source de tous les fantasmes, les producteurs promettent de demander leur accord écrit aux acteurs pour exploiter leur apparence physique et leur voix. Mais le SAG-AFTRA dénonce un consentement "fictif", craignant qu’une fois qu’un acteur aura signé un premier contrat, il ne pourra plus jamais s’opposer à la réutilisation de son image "pour l'éternité". Et sans contrepartie financière.

Entamée le 15 juillet, la grève des acteurs a des conséquences spectaculaires sur l’industrie hollywoodienne, avec des centaines de millions de dollars de perte à la clé. Même si les scénaristes ont repris le travail fin septembre, impossible de poursuivre les tournages de blockbusters déjà entamés comme ceux de Deadpool 3 et Beetlejuice 2. Ou de débuter ceux des nouvelles saisons de séries très populaires comme Stranger Things, The Last of Us ou Emily in Paris. Très strict, le SAG-AFTRA interdit également à ses membres toute activité promotionnelle pour les films et séries déjà tournés. 

Jérôme VERMELIN

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