Pourquoi changer d'équipe quand tout fonctionne ? Quatre ans après son sacre au Japon, c'est un groupe sud-africain quasi similaire à celui de 2019 qui aborde la phase éliminatoire de cette Coupe du monde de rugby. Face à un XV de France déterminé à remporter son premier titre mondial, les Springboks peuvent compter sur leur expérience des grands rendez-vous. À cela s'ajoute un jeu qui a évolué, leur donnant encore plus d'armes qu'en 2019.
Faf de Klerk, Eben Etzebeth, Siya Kolisi, Damian de Allende, Cheslin Kolbe ou encore Pieter-Steph du toit... Déjà présents lors de la dernière édition au Japon, ces joueurs sud-africains ont fait leur retour dans la compétition pour défendre leur titre, fort d'une expérience acquise il y a quatre ans. Les retours de dernières minutes suite à des forfaits d'Handré Pollard et de Lukhanyo Am, véritables artisans du sacre, donnent encore plus de force à des joueurs habitués à évoluer ensemble et qui se connaissent bien. Avec 19 trentenaires, les Boks présentent par ailleurs l'un des groupes les plus âgés de cette Coupe du monde.
Forts de cette expérience, l'équipe, depuis, a continué à progresser. "Nous avons bien fait évoluer notre jeu", assurait ainsi le demi de mêlée sud-africain, Faf de Klerk. "En 2019, nous faisons plus de mauls et de mêlées et de jeu au pied et on utilisait la défense et je pense que depuis l'an dernier, nous avons beaucoup travaillé pour améliorer notre palette. Donc peut-être plus de possession, plus de passes", expliquait-il.
Leur identité de jeu repose quand même sur l'effort et la pression
Yannick Bru, manager de l'UBB
"Cela fait deux ans qu'ils se questionnent pour rajouter des cordes à leur arc, car ils jouissent de talents au niveau des lignes arrières, avec de la vitesse", confirmait auprès de l'AFP, le manager de Bordeaux-Bègles Yannick Bru, marqué par son expérience aux Sharks de Durban la saison dernière. À l'image de son match de poule contre l'Irlande, les Springboks tentent désormais d'ouvrir leur jeu, notamment grâce à Manie Libbok qui donne plus d'imprévisibilité à l'offensive sud-africaine.
"Leur identité de jeu repose quand même sur l'effort et la pression", estimait néanmoins Yannick Bru. C'est ce qu'avait pu expérimenter la France, au Vélodrome de Marseille, l'hiver dernier, et ce à quoi l'équipe tricolore s'attend lors du match de dimanche. "Évidemment que la rencontre sera d’une intensité assez rare, comme ça avait été le cas en novembre. J’espère qu’ils ont prévu un bon staff médical, car les joueurs faisaient la queue pour le protocole commotion", plaisantait d'ailleurs à ce propos William Servat, l'entraineur des avants français.
Face à un groupe expérimenté et sûr de ses qualités, le groupe des Bleus, plus jeune, saura-t-il rivaliser ? Parmi les joueurs participants à cette Coupe du monde, neuf d'entre eux seulement, parmi lesquels Damian Penaud, Antoine Dupont, Cyril Baille ou encore Grégory Alldritt, faisaient leurs débuts en équipe de France en 2019 et ont connu la défaite en quart de finale. Une déception qu'ils auront probablement à cœur de laver face aux Champions du monde en titre ce dimanche.
"Ça fait quatre ans qu’on travaille dur pour ça. On a joué des gros matchs, que ce soit en club ou avec le XV de France", rappelait d'ailleurs le numéro 8 rochelais, déterminé à poursuivre l'aventure. "On arrive dans la dernière ligne droite. On a envie de profiter, de prendre beaucoup de plaisir et de finir cette compétition avec aucun regret", a-t-il résumé.
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