C’est un pas supplémentaire vers la fin d’un conflit social sans précédent à Hollywood depuis les années 1960. Mais pas encore décisif. Avec 99% des suffrages, les 11.500 membres de la WGA (Writer’s Guild Association) ont ratifié, lundi 9 octobre, l’accord trouvé le 25 septembre dernier avec les studios après 148 jours de grève. Avec pour conséquence la paralysie des tournages aux États-Unis et à l’étranger et des centaines de millions de dollars de pertes à la clé.
Négocié de haute lutte, ce "deal" prévoit des bonus en fonction du succès d’un programme sur les plateformes, l’encadrement de l’utilisation de l’intelligence artificielle, un nombre minimum de scénaristes sur les séries ou encore une hausse de la contribution des employeurs à l’assurance maladie dont bénéficient les membres de la WGA.
Avant la ratification de l’accord, les scénaristes s’étaient remis au travail, permettant notamment aux populaires talk shows de Jimmy Fallon, Stephen Colbert et autre Jimmy Kimmel de revenir à l’antenne. Côté films et séries, en revanche, impossible de reprendre le chemin des plateaux puisque les acteurs sont toujours en grève. Entamées en début de semaine dernière, les discussions entre leur syndicat, le SAG-AFTRA, et l’AMPTP (Alliance of Motion Picture and Television Producers) n’ont toujours pas abouti.
Lundi, une nouvelle réunion au sommet s’est tenue en présence des "pontes" de l’industrie hollywoodiennes : Donna Langley d’Universal, Ted Sarandos de Netflix, David Zaslav de Warner et Bob Iger de Disney, lequel avait été "étrillé" par la présidente du syndicat, l’actrice Fran Drescher, au tout début du conflit. Il s’agissait de la quatrième rencontre depuis la reprise des discussions. Et visiblement, on est encore loin du compte.
Combatifs, les négociateurs du SAG réclament une hausse du salaire minimum de 11% alors que les studios ne proposent que 5%, comme dans l’accord signé avec les scénaristes. Ils demandent également 2% des revenus générés par tous les films et séries disponibles en streaming tandis que les plateformes préfèrent offrir des bonus en fonction du succès des programmes, comme elles l’ont fait pour les scénaristes.
Si le syndicat réclame aussi une hausse des contributions sociales des majors, le sujet le plus périlleux est sans doute celui de l’intelligence artificielle. Les producteurs jurent qu’ils feront signer un "accord de consentement" sur l’utilisation de l’apparence et de la voix des comédiens. Mais le SAG craint que les acteurs en bas de l’échelle soient contraints de céder leur apparence pour l’éternité, au risque de ne pas pouvoir travailler.
En attendant des avancées concrètes, ce sont toujours des dizaines de productions qui sont à l’arrêt, certaines en plein tournage comme Deadpool 3 ou Beetlejuice 2, d’autres au stade la pré-production comme le final de Stranger Things ou la saison 4 de Emily in Paris. À l’annonce de la fin de la grève des scénaristes, Netflix avait annoncé vouloir tourner début 2024, pour éviter les perturbations liées au J.O. d’été dans la capitale. Encore faut-il que Lily Collins et ses amis aient le droit d'accéder à leur dressing...
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