Bon nombre d'électeurs de gauche sont aujourd'hui rétifs à faire barrage si le second tour de la présidentielle met à nouveau en scène un duel entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron.
C'est le quotidien Libération qui, dans un dossier fouillé, a mis en lumière cette petite musique que beaucoup entendent depuis déjà des mois. Et c'est peu dire que le débat soulevé est explosif. Comment ne plus souhaiter faire barrage? Peut-on décemment expliquer les raisons d'une telle défaite républicaine? Si Emmanuel Macron a évidemment des torts, il faut aussi tenter d'explorer l'état de la gauche pour éclairer ce phénomène.
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— Libération (@libe) February 26, 2021
Tout a commencé par une grande promesse. Celle du dépassement: dépassement des clivages politiques, des fractures partisanes, des blocages institutionnels... Une lueur d'espoir dans une Cinquième République chancelante qui n'en finit pas d'épuiser des présidents au soir d'un seul et unique quinquennat. Dès lors, il faut se souvenir de l'incroyable énergie de cette campagne, de cette grande marche pleine de promesses qui allait au-devant des Français pour recueillir leurs espoirs, et qui, à grand renfort de «helpers», promettait une place à chacun.
Pourtant, la perspective même d'un second tour avec Marine Le Pen était déjà ancrée. Contrairement au 21 avril 2002, point d'effet de surprise. L'enracinement est là, et les désillusions d'une partie des électeurs leur font préférer l'abstention à des bulletins toujours déçus.
C'est dans l'exercice du pouvoir que les promesses s'éteignent et ce, dans les premières semaines du quinquennat.
Pourtant, dès le premier tour, la déception pointe, à la faveur d'une soirée à l'avant-goût de victoire à la brasserie La Rotonde: «Le soir du premier tour, j'ai été horri...
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