Ousmane Diagana : « La Banque mondiale sera au service des États »

Malick Diawara, Viviane Forson - LePoint - 10/07
ENTRETIEN. Comment la Banque mondiale, fortement défiée par le Covid-19, entend-elle relever les gageures du développement ? Son vice-président pour l’Afrique répond.

C’est peu de dire que les chantiers africains sont à la fois importants et délicats pour la Banque mondiale. Cible de nombreuses critiques depuis que, dans les années 1990, elle a présidé aux ajustements structurels des économies africaines, la Banque mondiale demeure pourtant un interlocuteur privilégié des gouvernements du continent. Comptant, avec le Fonds monétaire international, parmi les principales institutions financières multilatérales avec lesquelles ceux-ci doivent tabler pour des financements de projets, pour des prêts à taux concessionnels ou pour les dossiers de rééchelonnement de dettes ou d’aide au développement, la Banque mondiale doit non seulement changer son logiciel d’approche de l’Afrique, mais elle doit clairement le faire sentir sur le terrain pour mieux contenir la défiance à son endroit d’une frange de la population africaine. Autant dire que cette période difficile du Covid-19 la défie fortement tant son approche et ses initiatives sont scrutées à la loupe. Vice-président pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de la Banque mondiale, Ousmane Diagana s’est confié au Point Afrique sur la perception que l’institution de Bretton Woods a de l’Afrique aujourd’hui, mais aussi sur les aménagements mis en œuvre pour améliorer l’approche et le rendu sur le terrain africain.

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Le Point Afrique : Quand on parle de la Banque mondiale et de l’Afrique, tout le monde pense aux plans d’ajustement structurel. Autant dire aujourd’hui que le chantier du Covid-19 est d’importance. Que pouvez-vous nous en dire ?

Ousmane Diagana : La Banque mondiale intervient en Afrique à travers des financements divers. Les appuis budgétaires que vous appelez « programmes d’ajustement structurel » sont des appuis adossés à des réformes. Ils aboutissent à des financements vers des budgets des États pour permettre à ces derniers de faire face à leurs dépenses de souveraineté, à des dépenses récurrentes. En plus de ces appuis budgétaires, la Banque mondiale accompagne aussi les États africains par des programmes d’investissements divers et variés, des programmes d’assistance publique et des conseils. Sur tous ces points, ce partenariat entre la Banque mondiale et l’Afrique dure depuis longtemps. Quant au Covid, il est venu lui poser des challenges encore plus importants même si beaucoup de pays africains avaient auparavant enregistré une certaine embellie. La question qui nous est maintenant posée est de savoir comment faire en sorte que les difficultés nées du Covid-19 puissent être aplanies le plus rapidement possible en créant les conditions d’un retour à une croissance forte.

L'épisode du Covid-19 est un moment important pour remettre à plat l'approche de l'Afrique, sur le plan de ses infrastructures notamment sanitaires, sur celui de l'accompagnement de son économie et de ses populations. Ici, le ministre sud-africain de la Police, Bhek...
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