Engagé depuis le début des années 1970, Dominique Bussereau a choisi de prendre sa retraite politique. Le 27 juillet, à 69 ans, il tirera sa révérence en quittant la présidence de l’Assemblée des départements de France (ADF), qu’il occupait depuis 2015. Pas question de s’éterniser et de faire le mandat de trop comme certains de ses collègues qui n’arrivent pas à lâcher prise. Après treize ans à la tête du département de la Charente-Maritime, l’ancien jeune giscardien, élu pour la première fois aux cantonales en 1985, a laissé sa place à une femme : Sylvie Marcilly, la maire de Fouras. Redoutable matou politique, il a goûté à tous les mandats locaux et servi dans plusieurs gouvernements : il a été ministre de 2002 à 2010 sans interruption. Proche de Jean-Pierre Raffarin et de Valérie Pécresse, il n’entend cependant pas disparaître des radars puisque la politique continue de le faire ronronner, et il compte bien donner son avis… Sur la présidentielle, mais pas seulement…
Le Point : Pourquoi avez-vous décidé de prendre votre retraite politique maintenant, à la veille d’une élection présidentielle ?
Dominique Bussereau : Je m’intéresse à la politique depuis la guerre d’Algérie, et cela m’a toujours passionné. Mais j’avais décidé depuis longtemps de ne plus avoir de mandat électif après l’âge de 70 ans. J’aurai 69 ans le 13 juillet, cela tombe bien. Je suis entré en politique jeune en adhérant aux Jeunes Républicains indépendants. Après 50 ans de militantisme et un premier mandat en 1983, j’ai estimé, non pas que j’eusse fait le tour de la question, mais qu’il y a un moment où il faut savoir s’arrêter. Continuer à se présenter indéfiniment me paraissait mal élevé. Cela ne m’empêchera pas de donner mon avis, de suivre la présidentielle, et même d’aider un candidat…
Vous partez le cœur léger…
Très ! Parce que j’ai toujours eu la chance de partir de mon propre fait. Même si, sur toutes les élections auxquelles j’ai participé, il m’est arrivé d’être battu, notamment aux législatives en 1988. En 2010, quand j’ai quitté le gouvernement, j’avais demandé à Nicolas Sarkozy et à François Fillon de me laisser partir au prochain remaniement. En 2017, étant président de département, j’avais choisi de ne pas me représenter aux législatives. Et aujourd’hui encore j’avais décidé il y a six ans de ne pas être candidat aux départementales.
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