Arménie : la situation au Haut-Karabakh "ressemble" à une épuration ethnique pour Catherine Colonna

LCI - 05/10
[VIDÉO] - La ministre française des Affaires étrangères a estimé que le déplacement des Arméniens du Haut-Karabakh "ressemble" à de l'épuration ethnique. Interrogée sur France 2, elle a évoqué un "exode forcé" et des "gens qui doivent quitter leurs terres ancestrales". L'enclave arménienne a été conquise lors d'une opération éclair de l'Azerbaïdjan.

La ministre française des Affaires étrangères a estimé que le déplacement des Arméniens du Haut-Karabakh "ressemble" à de l'épuration ethnique.
Interrogée sur France 2, elle a évoqué un "exode forcé" et des "gens qui doivent quitter leurs terres ancestrales".
L'enclave arménienne a été conquise lors d'une opération éclair de l'Azerbaïdjan.

Des milliers de personnes forcées de quitter leurs maisons sans savoir si elles pourront y retourner un jour. Plus de deux semaines après l'offensive victorieuse de l'Azerbaïdjan dans l'enclave arménienne du Haut-Karabakh, les civils continuent de quitter ce petit territoire disputé pour rejoindre l'Arménie. 

Interrogée sur France 2 sur le fait de savoir s'il s'agissait d'épuration ethnique, Catherine Colonna a répondu : "Ça y ressemble, en tout cas : un exode forcé, des gens qui doivent quitter leurs terres ancestrales, leurs foyers, après des opérations militaires ou sous la menace de nouvelles opérations militaires". Selon la cheffe de la diplomatie française, "ce ne sont pas des départs volontaires, même s'il faut garder l'espoir bien sûr qu'ils reviennent un jour".

Pas de sanctions contre l'Azerbaïdjan

Alors que le gouvernement parlait jusqu'à présent de "drame" et "d'exode massif organisé", certains responsables politiques n'ont pas hésité, ces derniers jours, à qualifier l'exode des Arméniens de "nettoyage ethnique". Un pas que n'a pas franchi Catherine Colonna, qui a toutefois répondu que l'on pouvait "valider" le terme "épuration ethnique". "J'ai employé souvent ce mot de crime, de tragédie également. Mais il faut garder l'espoir qu'ils puissent revenir", a-t-elle martelé.

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Face à l'opération militaire menée par l'Azerbaïdjan, certains députés français, dont la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, demandent des sanctions contre l'Azerbaïdjan. Une éventualité balayée par Emmanuel Macron ce jeudi, à l'occasion du sommet des dirigeants européens, en Espagne. "Le temps n'est pas aux sanctions parce qu’elles seraient contreproductives et ne permettraient pas de protéger au mieux le territoire arménien et ses populations", a-t-il déclaré.

La France s'est pour autant engagée à livrer des armes à l'Arménie, provoquant la colère de Bakou. Interrogée sur ce soutien militaire, Catherine Colonna a indiqué que ces questions étaient couvertes par le secret défense. "Un dialogue s'engagera avec l'Arménie pour voir quels sont ses besoins", a-t-elle simplement indiqué, avec d'assurer que cette aide était "une façon d'éviter d'être dans une situation encore plus difficile, qui cette fois appellerait certainement des sanctions, une réaction très forte de l'Europe, de la France en tout cas et de la communauté internationale". 

A.B. avec AFP

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