Les inégalités sont l’une des grandes constantes. Mais ce qui distingue ceux qui se trouvent au sommet de la société de ceux qui se trouvent au bas de l’échelle varient considérablement. À certaines époques et dans certains endroits, c'était la race ; dans d’autres, une naissance « noble ». Dans certains cas, la force physique ; dans d'autres, la dextérité manuelle. Aux États-Unis d’aujourd’hui, la plupart de ces facteurs comptent toujours. Le pays est racialement inégal. Certaines personnes héritent d’une grande richesse ; d’autres deviennent des célébrités grâce à leurs prouesses sportives.
Mais une grande partie de la transformation de l’Amérique au cours des dernières décennies – y compris de nombreux problèmes du pays – peut être attribuée à l’ascendant d’un autre marqueur de distinction : l’éducation. Que vous ayez ou non un diplôme universitaire est particulièrement important. Ce marqueur social unique détermine désormais bien plus que par le passé le type d’opportunités économiques dont vous êtes susceptible d’avoir et même la probabilité que vous soyez marié.
Cependant, le niveau d’éducation n’influence pas seulement la façon dont les Américains vivent. Comme le montre une nouvelle série d’articles des économistes Anne Case et Angus Deaton, le niveau d’éducation a désormais dépassé d’autres paramètres, y compris la race, pour prédire l’un des résultats socio-économiques les plus importants que l’on puisse imaginer : la durée de vie.
L’essor du niveau d’éducation en tant qu’indicateur de différenciation sociale remonte aux origines de la démocratie moderne. Les principaux architectes de la Révolution française étaient très préoccupés par les obstacles à la mobilité sociale qui avaient défini l'Ancien Régime, un système dans lequel les postes importants étaient réservés aux membres de l'aristocratie et les fonctions publiques telles que les postes de juge étaient ouvertement achetées. Les républicains français fondèrent des écoles et des universités publiques qui sélectionnaient leurs étudiants sur la base de concours et fournissaient aux échelons supérieurs de la société française des ingénieurs, des architectes, des fonctionnaires et d’autres sommités. En réfléchissant à sa vie d'exil à Sainte-Hélène, Napoléon affirmait que la maxime révolutionnaire d'une « carrière ouverte au talent » l'avait toujours guidé.
Les fondateurs de la république américaine se préoccupaient de l’éducation pour une autre raison : ils considéraient une population instruite comme une condition préalable à la stabilité politique. Ce serait une priorité particulière de veiller à « l’éduc...
[Courte citation de 8% de l'article original]