Le soutien occidental va décliner, selon Moscou. Le Kremlin a assuré lundi 2 octobre que la "lassitude" du soutien à l'Ukraine allait "s'accroître dans différents pays" alliés de Kiev, "notamment aux États-Unis", au lendemain d'un accord budgétaire provisoire au Congrès américain qui laisse de côté le financement de l'aide militaire et humanitaire à l'Ukraine. "Bien sûr, l'Amérique va continuer à s'impliquer dans ce conflit, en fait directement", a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Mais la "lassitude" occidentale créera davantage de "divisions dans l'establishment politique" et conduira à des "contradictions", a-t-il prédit. Le président russe Vladimir "Poutine se trompe s'il pense qu'il va tenir plus longtemps que nous", a rapidement répliqué une porte-parole de la Maison-Blanche.
Les 27 aux côtés de l'Ukraine. De leur côté, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se sont retrouvés lundi à Kiev pour une "réunion historique", la première de tous les 27 pays membres en dehors de l'UE, visant à tracer les lignes d'un "soutien durable" à l'Ukraine. Face à une contre-offensive ukrainienne lente et aux craintes d'une baisse du soutien occidental à Kiev, il s'agit aussi de montrer à la Russie qu'elle "ne doit pas compter" sur la "lassitude" de l'Union européenne, a rétorqué la ministre française Catherine Colonna. "Nous serons là pour longtemps", a-t-elle promis. À noter toutefois que les chefs de la diplomatie hongroise, polonaise et lettone n'étaient pas présents à cette réunion.
Kiev appelle ses partenaires à l'unité. S'exprimant devant les ministres européens, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a affirmé que la victoire de l'Ukraine "dépend directement" de la coopération entre Kiev et ses alliés occidentaux. "Je suis sûr que l'Ukraine et tout le monde libre sont capables de vaincre dans cet affrontement" avec la Russie, a-t-il lancé. Son ministre des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a lui estimé que Moscou "consacre énormément de moyens" à créer des divisions chez les alliés de Kiev, et appelé à ne "pas entrer dans son jeu". Il s'est aussi réjoui d'accueillir ses homologues "à l'intérieur des futures frontières de l'Union européenne", selon lui.
L'Ukraine passe commande auprès d'entreprises françaises. Plusieurs industriels français ont conclu des contrats pour fournir des armements à Kiev, notamment six canons Caesar supplémentaires mais aussi des outils de déminage et des drones, à l'occasion du forum des industries de défense organisé à Kiev la semaine passée, a appris lundi l'AFP auprès de sources concordantes. Au total, 15 contrats ont été passés outre un accord de coopération entre la Direction générale de l'armement (DGA) française et son homologue ukrainienne, en marge d'une visite du ministre des Armées Sébastien Lecornu. Il avait à cette occasion indiqué sa volonté de passer d'une logique de cession d'équipements à une logique d'acquisitions auprès d'industriels français, éventuellement grâce à des subventions françaises.
Kiev réagit aux élections slovaques. Le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, a assuré sobrement lundi que Kiev respectait "le choix du peuple slovaque", après la victoire samedi aux législatives en Slovaquie du parti populiste Smer-SD, opposé à la poursuite de l'aide à l'Ukraine. "Mais il est trop tôt pour dire en quoi le résultat de ces élections va affecter la position de la Slovaquie", a-t-il affirmé. L'ex-Premier ministre slovaque Robert Fico a été à nouveau désigné chef du gouvernement lundi, après une campagne au cours de laquelle il avait juré que son pays n'enverrait plus "une seule balle de munition" à l'Ukraine et appelé à de meilleures relations avec la Russie. Dimanche, il a estimé que la Slovaquie avait des "problèmes plus importants" que l'aide à Kiev.
Le ministère slovaque des Affaires étrangères a par ailleurs accusé lundi la Russie "d'ingérence inadmissible" dans les élections de samedi, ce que l'ambassade russe à Bratislava a démenti. De son côté, le Kremlin a estimé qu'il était "absurde" de qualifier de "prorusse" le parti populiste vainqueur.
La reconstruction déjà en vu...
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