Un mois après la rentrée, y a-t-il comme promis "un enseignant devant chaque élève" ? Dès le mois de juillet, Emmanuel Macron avait formulé cet objectif, suivi de son nouveau ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal. Le 31 août, avant la prérentrée du personnel éducatif, ce dernier avait répété sur France inter qu'il y aurait bien "un enseignant devant chaque élève".
À l'occasion de sa venue sur le plateau de TF1 jeudi, pour annoncer – notamment – les dates et modalités du baccalauréat 2024, le ministre a été de nouveau interrogé sur cet engagement. Répondant à une mère de famille dont "les enfants n'ont pas eu un seul cours d'anglais depuis le début de l'année", Gabriel Attal avance d'abord que "99.9% des postes ouverts sont pourvus par des enseignants". Mais concernant les absences de profs sans solution de remplacement, le locataire de la rue de Grenelle l'explique par une organisation administrative "en train de bouger" et renvoie au "Pacte Enseignant" mis en place en cette rentrée. Sans pour autant donner d'estimations sur le nombre d'enseignants absents en cette rentrée.
Nous nous sommes penchés sur la traduction de l'engagement fait par le président de la République et son ministre de l'Éducation dans les collèges et les lycées, là où les enseignants manquent le plus à l'appel.
Alors, chaque cours prévu est-il réellement assuré ? Dès la mi-septembre, le ton était donné par les syndicats. Une vaste enquête du Snes-FSU, le syndicat des enseignants du second degré, révélait des pénuries dans près de la moitié des collèges et lycées généraux et technologiques. En date du 8 septembre, "il manquait au moins un professeur dans 48%" des établissements, selon un sondage réalisé sur un échantillon représentatif de 508 établissements. "La situation au 8 septembre montrait que la promesse n’était pas tenue et que la situation n’est pas complètement résolue", témoigne Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU.
Le SNDPEN-Unsa, syndicat des personnels de direction, a interrogé les chefs d’établissements jusqu’au 13 septembre. Dans cette enquête, représentant 35% des collèges et lycées en France, un tiers des établissements (32%) ne déclarait aucun problème rencontré. Mais dans 27% des établissements, un enseignant manquait à l’appel et dans 41% des structures, plus d’un professeur était absent. Une situation similaire à la rentrée scolaire de 2022, selon le syndicat (33% des établissements ne manquaient d’aucun professeur, 26% d’un professeur et 41% de plus d’un professeur).
Et depuis ? Le Snes-FSU évoque des "retours d’établissements où des postes n’étaient toujours pas pourvus", mais aussi des "élèves ayant déjà perdu une vingtaine d’heures depuis le début de l’année." Aucune statistique n’a été produite par le syndicat après le 8 septembre, qui a surtout cherché à quantifier ces pénuries à une date précise pour en faire une photographie de la situation. Le SNDPEN-Unsa continue, lui, de recevoir des remontées.
Le syndicat s'estime donc en mesure de vérifier si l’engagement du ministère est tenu "après les ajustements des rectorats pour préparer la rentrée", à partir des déclarations de 12% des établissements. Des données obtenues sur un échantillon plus faible que le précédent et donc à prendre avec plus de précaution. Sur la période du 3 au 27 septembre, 43% des collèges et lycées n’ont pas rencontré d’absence de professeur. En revanche, il manque toujours un enseignant dans 31% des établissements et plus d’un enseignant dans 25% des établissements. Face à ces chiffres, le SNDPEN-Unsa déplore une difficulté à "faire bouger les lignes" une fois la rentrée passée.
Même constat pour le Syndicat national des lycées et collège (Snalc) qui met en avant "un fonctionnement à flux tendu". "Un gros travail a été fait pour trouver des contractuels et boucher les trous au 1ᵉʳ septembre. Mais l’année scolaire ne s’arrête pas au 1ᵉʳ septembre et il existe des congés de longue durée tout au long de l’année", insiste son président, Jean-Rémi Girard.
Si les absences de plus de 15 jours sont bien "remplacées à plus de 96 %, près de 10 % des heures de cours ont néanmoins été perdues lors de l’année sc...
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