Encore une rentrée littéraire faramineuse en matière de lectures bouleversantes. Après les premiers romans et les parutions francophones, il s'agit cette fois de parcourir une partie du reste du monde à la recherche d'autres écritures et d'autres univers.
Le hasard des lectures et des rencontres fait que cette sélection n'est constituée que de livres venus d'Europe ou d'Amérique, mais cela n'empêche pas la richesse et la variété. Pérou, Finlande, Portugal, États-Unis, Espagne, Grande-Bretagne: c'est à un certain nombre de voyages ô combien saisissants que vous invite la sélection ci-dessous.
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«La double vie de l'homme adultère appartient au genre fantastique, et dans cet univers les cochons volent et les pères feignent d'avoir un handicap.»
La vie de la Péruvienne Gabriela Wiener est un capharnaüm absolu, un maelstrom existentiel épais comme une purée de pois, et c'est ce qui la rend aussi fascinante. Pensez donc: l'autrice de Portrait huaco est à la fois l'arrière-arrière-petite-fille d'un pilleur de reliques incas et la fille d'un homme ayant longtemps entretenu une double vie au nez et à la barbe de ses deux familles. Mais ce n'est pas tout: elle est prise dans une relation polyamoureuse compliquée, et cherche plus que tout à comprendre sa propre identité et ses racines. Bref, un beau foutoir.
En moins de 160 pages drôles, profondes, bondissantes, la romancière, dont c'est le premier livre et clairement pas le dernier, mène mille enquêtes à la fois, parlant de modèles familiaux, de racisme, de deuil, de sexualité et de couple(s) en ayant à chaque fois de véritables choses à dire –ce qui n'est pas donné à tout le monde. Gabriela n'est tendre avec personne, y compris elle-même, mais son ironie vacharde fait des merveilles et apparaît d'ailleurs à plus d'une reprise comme l'expression polie de son désespoir.
Portrait huaco s'ouvre par une visite au quai Branly et durant quelques lignes, on craint que le livre ne ressemble à une morne visite de musée. Inquiétude bien vite balayée par le style si fulgurant de l'écrivaine liménienne, qui signe l'un des romans les plus emballants de cette rentrée littéraire. Que l'on puisse être autant rassasié par un roman aussi court témoigne du brio de son autrice et de la densité de...
[Courte citation de 8% de l'article original]