Lorsque l’on consulte la biographie de Fumito Ueda, on se rend compte qu’il ne faut pas bien longtemps pour citer l’entièreté de la ludographie du créatif japonais. ICO, Shadow of the Colossus et The Last Guardian, et puis c’est tout. Du moins, pour l'instant. Une liste courte, certes, mais recelant un potentiel sans limite au moment de stimuler notre imagination. Le 17 février 2006, dès l'instant où la terre entière place le disque de Shadow of the Colossus dans la machine de Sony, l’engrenage d’une épopée formidable se met en place, et l’on ne parle pas du périple de Wander et Agro mais bel et bien de celui d'Ascadia-PSU et de toute une communauté.
À jamais considéré comme un chef-d’œuvre du jeu vidéo, Shadow of the Colossus est une création à part qui, au beau milieu des années 2000, interroge déjà sur la capacité de ce type de production à se muer en une proposition artistique. Une chose trop peu fréquente, à l’époque. Avec sa dimension héroïque aux relents de tragédie, sa nature poétique et son onirisme troublant, la création de Fumito Ueda intrigue au plus haut point. À terme, Shadow of the Colossus apparaît comme une expérience folle, à la fois dénuée de narration, ponctuée de décors immenses et affublée de combats aussi épiques qu'épars.
Shadow of the Colossus trailer
Si Wander est le symbole d’un David qui affronte une pelletée de Goliath, l’analogie se reproduit à travers le joueur : il est, manette en mains, un David qui, perdu au milieu de nulle part, doit faire face à un monument de solitude, à un géant de mélancolie. Et ça, ça a clairement bouleversé plus d’un possesseur de PlayStation 2. À commencer par Ascadia-PSU, cité plus haut, qui a mis de nombreux mois avant de partager ses découvertes et sa théorie sidérante sur le plus grand mystère de Shadow of the Colossus. No...
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