Sur scène, la profondeur de Michael Gambon transcende le non-dit

New York Times - 28/09
L’acteur a transmis la force gravitationnelle de la mortalité, tirant les hommes qu’il incarnait avec tant de maîtrise vers un vide au-delà du sens, écrit notre critique.

Même en silence, il tonnait. Faites cela, surtout en silence.

Les deux dernières fois où j’ai vu le puissant Michael Gambon sur scène, ses personnages n’avaient pas grand-chose à dire, et dans un cas, rien du tout. Les deux pièces dans lesquelles apparaissait à cette occasion cet acteur britannique, décédé mercredi à l'âge de 82 ans, étaient de Samuel Beckett, "Eh Joe" et "All That Fall".

Rares sont les dramaturges, voire aucun, qui ont mieux exploité la résonance du non-dit que Beckett. Et peu d’acteurs ont apporté une lassitude viscérale – et une agitation – aussi profonde au silence de Beckett. Même dans les performances qui l'obligeaient à beugler, à plaisanter ou à parler, Gambon s'assurait que nous étions conscients de la force gravitationnelle de la mortalité, tirant les hommes qu'il jouait de manière si imposante vers un vide au-delà du sens, au-delà de la volonté, au...
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