Analyse : la tentative de l'UE de sauver les abeilles pique les producteurs de betterave sucrière

Gus Trompiz - Reuters - 25/09
Les producteurs européens de betterave sucrière se détournent de cette culture, ce qui pourrait entraîner une hausse encore plus forte des prix, alors que les règles environnementales de l'UE entrent en conflit avec sa tentative d'endiguer l'inflation alimentaire et de garantir l'approvisionnement.
  • Les producteurs de betteraves de l’UE changent de culture malgré les prix record du sucre
  • Ce changement intervient alors que la Cour européenne renforce son interdiction des pesticides toxiques pour les abeilles
  • L’interdiction oppose les règles vertes de l’UE à la tentative d’endiguer l’inflation alimentaire
  • La France, premier producteur, voit la superficie cultivée chuter à son plus bas niveau depuis 14 ans

LONDRES/PARIS, 25 septembre (Reuters) - Les producteurs européens de betterave sucrière se détournent de cette culture, ce qui pourrait entraîner une hausse encore plus forte des prix, alors que les règles environnementales de l'UE entrent en conflit avec ses efforts pour endiguer l'inflation alimentaire et sécuriser les approvisionnements.

Les agriculteurs changent de culture après que le plus haut tribunal de l'Union européenne a statué en janvier qu'ils ne pouvaient plus bénéficier d'exemptions à l'interdiction des néonics - des insecticides qui protègent contre des maladies comme la jaunisse virale de la betterave sucrière, mais qui sont toxiques pour les abeilles et autres pollinisateurs vitaux. production alimentaire.

Cette décision, jugée essentielle par le bloc et les groupes environnementaux pour protéger les pollinisateurs, dont certains sont actuellement menacés d'extinction, a conduit à une réduction des superficies consacrées à la betterave sucrière alors que les rendements des cultures en pâtissent, ont déclaré à Reuters des agriculteurs et des experts du secteur.

"Dans notre région, nous avons perdu 15 % de la superficie (de betterave sucrière) (cette année)", a déclaré Alexandre Pelé, qui possède une exploitation de 240 hectares dans le centre de la France.

"J'ai eu du mal à respecter les engagements de volume avec l'usine sucrière car mes rendements ont baissé notamment à cause de l'interdiction des néonicotinoïdes", a expliqué Pelé.

L’UE est le troisième producteur mondial de sucre. Une réduction de la production pourrait donc avoir un impact sur la flambée des prix mondiaux et contrecarrer les efforts visant à réduire l’inflation alimentaire.

"Nous sommes entrés dans un nouveau paradigme dans le secteur du sucre, les bas prix appartiennent au pas...
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