La grève des Travailleurs unis de l’automobile contre les trois grands constructeurs automobiles américains a donné lieu à de nombreuses discussions sur l’avenir de l’industrie automobile et sur le sort des travailleurs de l’automobile dans un monde de véhicules électriques. Les politiciens républicains ont tenté de faire porter les griefs des travailleurs de l’automobile sur la proposition de l’administration Biden concernant un mandat pour les véhicules électriques (une proposition qui n’a pas encore été adoptée). Ford, GM et Stellantis (qui possède Chrysler) ont quant à eux averti que les exigences de l’UAW pourraient mettre en péril leurs futurs investissements dans les véhicules électriques.
La réalité, cependant, est que cette grève ne concerne pas l’avenir. Dans un sens important, c’est une bataille sur le passé. L’UAW cherche en effet à récupérer les concessions qu’il a faites à la fin des années 2000, qui ont fondamentalement transformé le travail au sein des Trois Grands, même si les entreprises insistent sur le fait qu’elles ne peuvent pas se permettre de revenir à l’état actuel des choses.
La première série de concessions de l’UAW a eu lieu lors des négociations contractuelles en 2007, lorsque les Trois Grands perdaient des milliards de dollars par an et voyaient leurs concurrents engloutir des parts de marché. Le syndicat a accepté de laisser les entreprises établir un système salarial à deux niveaux, ce qui signifie que le salaire de départ des travail...
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