"Char du futur" pour remplacer les Leclerc et Leopard 2 : la France et l'Allemagne avancent sur leur projet commun

LCI - 22/09
[VIDÉO] - Le projet de futur char franco-allemand (MGCS) était enlisé dans les rivalités entre industriels. Jeudi, les ministres de la Défense français et allemand ont donné une nouvelle impulsion au projet. Les chefs d'état-major de l'armée de Terre des deux pays ont paraphé un document fixant les exigences opérationnelles communes des deux pays.

Le projet de futur char franco-allemand (MGCS) était enlisé dans les rivalités entre industriels.
Jeudi, les ministres de la Défense français et allemand ont donné une nouvelle impulsion au projet.
Les chefs d'état-major de l'armée de Terre des deux pays ont paraphé un document fixant les exigences opérationnelles communes des deux pays.

Le projet était auparavant miné par des intérêts divergents. Mais ce jeudi, Paris et Berlin ont donné une nouvelle impulsion au projet de char du futur franco-allemand, MGCS (acronyme anglais de Système de combat terrestre principal), enlisé dans les rivalités entre industriels. Les deux pays se sont accordés sur la définition des besoins attendus par les deux armées du futur système. 

Sous l'œil des deux ministres de la Défense, Boris Pistorius et Sébastien Lecornu, les chefs d'état-major de l'armée de Terre de chaque pays ont paraphé le HLCORD (High Level Common Operational Requirements Document), un document fixant leurs "exigences opérationnelles communes" auxquelles devra répondre le futur système, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les chars Leclerc et Leopard 2 remplacés

Lancé en 2017 en même temps que le projet Scaf (Système de combat aérien futur), le programme MGCS vise à remplacer, à partir de 2035, les chars Leclerc français et les Leopard 2 allemands. Mené sous direction allemande, le projet prévoit une répartition de la charge de travail à 50/50 entre industriels français et allemands. Plus qu'un char traditionnel, le MGCS est un "système de systèmes" : un char proprement dit accompagné d'autres véhicules, habités ou non.

Il comportera d'importantes "ruptures" technologiques, a expliqué Sébastien Lecornu, évoquant le recours à l'intelligence artificielle, à des drones pour protéger le char ou l'incorporation d'armes à effet dirigé ou électromagnétiques ou de systèmes de guerre électroniques.

Des négociations avec les industriels

La signature de ce HLCORD s'est déroulée sur la base aérienne d'Évreux, qui accueille un escadron de transport tactique franco-allemand intégrant pilotes, mécaniciens et avions C130J des deux pays. Signe d'une reprise en main du programme entamée depuis une rencontre entre Boris Pistorius et Sébastien Lecornu, le ministre français a rappelé que "ce sont les deux États qui sont porteurs du projet sur le plan politique et diplomatique mais ce sont aussi les deux États qui seront les clients, les acheteurs".

"Cette étape va permettre le travail, jusqu'à fin décembre" de définition des différents piliers de blocs technologiques à développer et la responsabilité de chaque État, a expliqué Boris Pistorius. "Après il faudra entamer les négociations avec les industriels" KNDS, entité créée pour l'occasion et regroupant le français Nexter et l'allemand KMW, et l'allemand Rheinmetall avant "l'année prochaine l'étape décisive de la signature du contrat j'espère", a-t-il détaillé.

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"Une priorité absolue"

Outre les rivalités industrielles, que les deux hommes se sont gardé d'évoquer, Sébastien Lecornu a attribué le retard pris par le programme MGCS par l'attention longtemps portée sur le Scaf, "qui a mobilisé beaucoup les deux équipes", le besoin de s'assurer des crédits pour le financer (500 millions d'euros prévus côté français d'ici 2030) et le temps nécessaire pour "tirer les conséquences du combat terrestre en Ukraine". Pour les prochains mois, "nous avons donné mandat à nos équipes d'en faire une priorité absolue", selon lui.

Les deux hommes se sont par ailleurs dits ouverts à l'incorporation dans le programme de pays intéressés, comme l'Italie ou les Pays-Bas, sans doute avec un statut d'observateurs dans un premier temps. Mais pas avant que les piliers technologiques soient définis et répartis. "On ne peut inviter d'autres pays qu'après avoir défini ce qu'on souhaite avoir", a plaidé Boris Pistorius.

N.K avec AFP

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