Les rugbymen du XV de France seront les premiers à fouler la pelouse du Stade Vélodrome, ce soir à Marseille, pour leur match de Coupe du monde face à la Namibie (à 21 heures, en live commenté sur TF1info). Difficile alors d'imaginer, moins de 48 heures plus tard, qu'une autre star attirera la foule au même endroit, à l'occasion d'un événement bien différent : une messe papale.
Avec la venue du pape François à Marseille, la transformation express du stade Vélodrome a tout d'un casse-tête logistique. Mais les organisateurs assurent que tout sera prêt en temps et en heure pour la cérémonie religieuse, prévue à 16h30 samedi. Martin d'Argenlieu, directeur général de Mars 360, la société qui exploite le stade Vélodrome, explique à TF1info les détails de cette opération logistique hors du commun.
TF1info : Passer de l’organisation d’un match de rugby à celle d’une messe papale en moins de 48 heures, n’est-ce pas un défi un peu fou, en termes de logistique ?
Martin d'Argenlieu : C’est un vrai défi technique et logistique, mais j’ai une équipe formidable, qui a beaucoup d’expertise pour ce type d’événement. Ça demande une grande préparation depuis plusieurs mois. En fait, on a 36 heures pour passer d'une configuration du stade à une autre. Cette opération va démarrer une heure après la fin du match du XV de France ce jeudi soir. Il faut dans tous les cas que tout soit prêt samedi à 13 heures pour l'ouverture des portes du stade.
Il a été important de bien anticiper les choses. Grâce à l’aide de World Rugby et de France 2023, on a pu préparer certaines choses en amont. Au-dessus de l'endroit où se situera la scène du pape, on a pu préinstaller des "ponts" de lumière et d’éclairage (des structures d'éclairage scénique, ndlr), même s’ils ne sont pas encore totalement équipés. Cela nous a fait gagner pas mal de temps sur le montage, sans poser de problème pour le match du rugby, puisqu'ils ne seront pas du tout visibles pendant la rencontre.
Recevoir le pape, c’est un peu comme recevoir une rockstar !
Martin d'Argenlieu, directeur général de la société exploitant le stade Vélodrome
Comment vos équipes vont-elles être mobilisées pour réaliser cette rapide transformation ?
Dès le départ, il était prévu d’accueillir sur la même période la Coupe du monde de rugby et les matchs de l’Olympique de Marseille. Donc, on avait déjà créé une équipe dédiée à l’alternance entre ces différents événements, consacrée uniquement à ces changements de configuration du stade. Ces missions-là se font directement après les matchs, parfois la nuit. Cela consiste à changer la panneautique (“l’habillage” du stade, en quelque sorte, ndlr) pour ne pas voir apparaître l’affichage de la Coupe du monde durant la messe. Il faut aussi sortir certains équipements, comme les éclairages LED postés au bord du terrain pour le rugby.
Ensuite, il y a une autre équipe dédiée à l'aménagement technique. Ils vont travailler dans le virage nord, là où la scène sera installée pour ne pas abîmer la pelouse. Ils gèreront tout ce qui concerne la préparation de la cérémonie : la scène, la décoration, les éclairages, toute la sonorisation, les chœurs… Mais aussi la sacristie du pape, qui constitue en quelque sorte sa loge : recevoir le pape, c’est un peu comme recevoir une rockstar ! Enfin, une équipe sera consacrée à la gestion de la pelouse, qui surveille ça avec un changement de configuration après le match de rugby. On va poser des plaques de protection sur le terrain, qui sont utilisées dans beaucoup de stades après la tenue d’un gros événement.
Quelles sont les difficultés propres à l’organisation d’une messe d'un pape dans un stade ?
La plus importante particularité est propre à l’organisation d’une messe en elle-même dans un stade. Le diocèse a ses bénévoles, qui vont venir à partir de vendredi soir en repérage pour organiser la communion. Ils veulent faire communier près de 60.000 personnes en même temps, en moins de dix minutes : c'est un défi, on n'a jamais fait ça ! Des prêtres ou des bénévoles, appelés des...
[Courte citation de 8% de l'article original]