J'ai obtenu mon diplôme d'études secondaires en 2000, l'année où Jhumpa Lahiri a remporté un prix Pulitzer pour son premier livre, « Interpreter of Maladies », un recueil d'histoires sur des immigrants indiens aisés et leurs enfants. Je l'ai aimé. C’était la première fois que je lisais une fiction qui ressemblait en quelque sorte à ma propre vie privilégiée de banlieue amérindienne.
Ce n’est peut-être pas une coïncidence si, quelques années plus tard, lors d’un cours d’écriture créative à l’université, le premier morceau de fiction que j’ai rendu concernait une jeune Indienne américaine en visite à Hyderabad pour le mariage de son cousin. En sept pages à simple interligne, l'histoire mentionnait les mariages arrangés, les saris, les pousse-pousse et le chai. C’était sûrement ce sur quoi, en tant qu’écrivain amérindien, j’étais censé écrire – Lahiri était le seul modèle que j’avais.
Puis j'ai commencé à lire plus largement : George Saunders, Joy Williams, Lorrie Moore, Denis Johnson. Ces auteurs ont écrit des histoires étranges et sombres qui m’ont marqué. Lahiri, avec ses chroniques sobres de la bourgeoisie brahmane bengali, commençait à paraître limitée par contraste. Même si certaines de ses descriptions de la vie amérindienne reflétaient mon expérience, je devenais de plus en plus conscient de ce qui ne le faisait pas.
Ce n’était pas ma seule réserve. J'ai remarqué que les critiques et les amis semblaient juger Saunders, Williams, Moore et Johnson uniquement pour leur prose, tout en connaissant peu, voire rien, de leurs antécédents. Avec Lahiri, son appartenance ethnique semblait toujours au premier plan. Sur NPR, un intervieweur a décrit une femme indienne triste dans l'une de ses histoires,...
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