Les entreprises n’échappent pas aux mouvements du monde, bien au contraire, elles y sont exposées. Face à une mutation du travail sans précédent où impatience et défiance des collaborateurs croissent, les entreprises peinent à répondre aux attentes. Pascale Giet est Group Communications Executive Vice-President de Transdev, un groupe français spécialisé dans les transports. Elle vient de publier « La grande impatience, Les entreprises face à la transformation de l’engagement », aux éditions Hermann.
Votre livre s’intitule « La grande impatience » : quelle est la nature de cette impatience ?
Depuis plusieurs mois, les articles et les études se succèdent pour décrire une société française fatiguée et démoralisée. Dans l’entreprise aussi on observe une distance vis-à-vis du travail, et un certain fatalisme. Dans ce climat généralisé d’insécurité et d’individualisme, je pense qu’il y a aussi de la place pour de nouvelles formes d’engagement. L’impatience est partout, car il y a une forme de trop-plein, un besoin de changement. Un besoin de sentir qu’on ne subit pas tout. Qu’on peut soi-même être utile, qu’on n’est pas seul, qu’ensemble on est plus forts. Bref il y a un besoin de liens et de collectif. On le voit dans le repli de chacun vers sa famille, ses amis, son couple, sa communauté. Je voulais montrer qu’il me semblait facile de restaurer cela dans le monde de l’entreprise. Très souvent des solidarités existent au niveau des équipes. Mais, précisément parce que l’entreprise est cloisonnée, ces liens se limite...
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