À Derna, comme dans toute la Libye, tout le monde partage un poème intitulé La Pluie écrit par un poète de la ville, Mustafa al-Trabelsi, décédé dans les inondations. Le 6 septembre, quelques jours avant d'écrire ce poème, il avait assisté à une réunion à la Maison de la culture de Derna pour discuter du risque d'inondation dans la ville et de l'état des barrages.
Le poème est court mais pertinent. Ça lit:
La pluie
Expose les rues détrempées, l'entrepreneur tricheur,
et l’État défaillant.
Ça lave tout,
ailes d'oiseaux
et la fourrure des chats.
Rappelle aux pauvres
de leurs toits fragiles
et des vêtements en lambeaux.
Il réveille les vallées,
secoue leur poussière béante
et des croûtes sèches.
La pluie
un signe de bonté,
une promesse d'aide,
une sonnette d'alarme.
C’était un signal d’alarme que les responsables désignés à Derna ont choisi de ne pas entendre.
Alors maintenant, disent les habitants, la ville résonne d’un son différent – celui ...
[Courte citation de 8% de l'article original]