Iran : un an après la mort de Mahsa Amini, les chiffres pour comprendre la mobilisation

LCI - 14/09
[VIDÉO] - Il y a un an, Mahsa Amini était tuée par la police des mœurs iranienne pour un voile mal ajusté. Le drame a déclenché un mouvement de contestation inédit, violemment réprimé par le régime. Arrestations, blessés, morts... retour en chiffres sur la mobilisation.

Il y a un an, Mahsa Amini était tuée par la police des mœurs iranienne pour un voile mal ajusté.
Le drame a déclenché un mouvement de contestation inédit, violemment réprimé par le régime.
Arrestations, blessés, morts... retour en chiffres sur la mobilisation.

Un soulèvement d'une ampleur sans précédent. Il y a un an, le 13 septembre 2022, Mahsa Amini, une kurde iranienne de 22 ans, était arrêtée par la police des mœurs, qui lui reprochait d'avoir enfreint le code vestimentaire en vigueur depuis la Révolution islamique de 1979. Il impose aux femmes le port d'un hijab recouvrant la tête et le cou dans les lieux publics. 

Trois jours plus tard, le 16 septembre 2022, la jeune femme décède à l'hôpital. Sa mort déclenche une vague de protestations dans le pays face au régime en place. Depuis, le slogan "Femme, vie, liberté", devenu le symbole du mouvement de contestation iranien, continue de résonner dans le monde. 

Une quinzaine de villes mobilisées

Le jour de l'inhumation de Mahsa Amini, dans sa ville natale de Saghez, une première manifestation avait été dispersée. Les protestations se sont ensuite étendues à une quinzaine de villes, et des images d'Iraniennes mettant le feu à leur foulard ont envahi les réseaux sociaux. 

Dès le 22 septembre, les autorités ont bloqué Instagram et WhatsApp, très utilisés en Iran. Les internautes se sont alors rabattus notamment sur des messageries locales.

Des dizaines de milliers d'arrestations

Selon Amnesty International, au cours du soulèvement et des mois qui ont suivi, des dizaines de milliers de femmes, d'hommes et d'enfants, dont des manifestants et des défenseurs des droits humains et des droits des minorités, ont été arrêtés "arbitrairement".  "Parmi eux figurent au moins 90 journalistes et professionnels des médias, ainsi que 60 avocats, dont ceux qui représentaient les familles des victimes d’homicides illégaux", souligne l'ONG dans un communiqué publié le 13 septembre. 

Des milliers de blessés

Au cours du mouvement, "les forces de sécurité ont illégalement tiré des munitions réelles et des projectiles en métal pour disperser et terroriser les manifestants", rapporte Amnesty International. Au total, des milliers de personnes ont été blessées "dans des actes s’apparentant à de la torture ou à des mauvais traitements – cécité, membres mutilés et mobilité réduite notamment."

"De nombreuses victimes souffrent toujours d’un traumatisme physique et psychologique durable", précise l'association, qui promeut les droits de l'homme. 

Au moins 500 Iraniens tués

Plusieurs centaines d'Iraniens, dont des membres des forces de l'ordre, sont tués au cours des manifestations. Dans son dernier rapport, datant d'avril 2023, l'ONG Iran Human Rights (IHR) fait, elle, état de 537 personnes tuées par les forces de sécurité iraniennes dans la répression du mouvement de contestation. Les mois les plus meurtriers ont été ceux de septembre (223 décès), octobre (100 morts) et novembre (173 morts).    

La majorité des décès recensés par l'ONG (134) ont été enregistrés dans la province du Sistan-Balouchistan, région pauvre du Sud-Est du pays, qui a organisé régulièrement des manifestations. L'ONG recense 69 décès à Téhéran, 57 dans la province du Kurdistan et 56 dans celle d'Azerbaïdjan occidental (nord-ouest), deux provinces où vit notamment la minorité kurde. 

Au moins sept condamnations à mort

"Afin d'instiller la peur parmi la population", les autorités ont de plus en plus recouru à la peine de mort "comme outil de répression politique" au cours de l'année écoulée, analyse Amnesty International dans son communiqué. 

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Ainsi, au moins sept hommes ont été exécutés en lien avec le soulèvement, condamnés à la suite de procès "manifestement iniques", selon l'ONG. 

Camille SELLIER

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