"France moche" : comment le gouvernement compte embellir les zones commerciales

LCI - 11/09
[VIDÉO] - Le gouvernement a lancé le grand chantier de la transformation de zones commerciales, avec un appel à projets doté d'une enveloppe de 24 millions d'euros. Son objectif est notamment d'intégrer des logements à ces grandes surfaces, d'y repenser les déplacements et de les végétaliser.

Le gouvernement a lancé le grand chantier de la transformation de zones commerciales, avec un appel à projets doté d'une enveloppe de 24 millions d'euros.
Son objectif est notamment d'intégrer des logements à ces grandes surfaces, d'y repenser les déplacements et de les végétaliser.

Elles ont essaimé en nombre ces dernières décennies. Aujourd'hui, elles sont accusées de rendre la France "moche", et ne semblent plus adaptées au modèle de consommation ou aux défis environnementaux à venir. Pour changer le visage des zones commerciales, le gouvernement a présenté ce lundi un plan de rénovation de ces zones périphériques et un appel à projets pour les communes désireuses de bénéficier de l'enveloppe de 24 millions d'euros qui y est associée.  

"Nos zones commerciales ont atteint leurs limites. Elles représentent un immense vivier de terres qu’il nous faut transformer pour y inclure des logements, des bureaux, des commerces et de la végétation", a estimé la ministre chargée du Commerce Olivia Grégoire.

En bas, le parking surdimensionné est réduit, faisant place à de la végétation et à une place animée. En haut, le supermarché est reconstruit pour accueillir des logements en bois et une nouvelle façade - Leclercq et Associés

Des zones inadaptées à l'époque

Aujourd'hui, elles sont plus de 1.500 sur tout le territoire et couvrent près de 500 millions de m2, soit cinq fois la taille de Paris. Situées dans les entrées de villes, elles se caractérisent par leur concentration de grands entrepôts et surfaces commerciales peu esthétiques, leurs parkings immenses ; elles sont traversées par de grandes artères bétonnées bordées de panneaux publicitaires. Et pour le gouvernement, elles ne sont plus adaptées à l'époque : ces bâtiments sont des passoires thermiques, leur construction sur des terres agricoles a rendu le foncier entièrement artificialisé, il est obligatoire d'utiliser des modes de transport carbonés pour s'y rendre, et elles sont de moins en moins rentables face à la concurrence du commerce en ligne. 

L'objectif de l'exécutif est donc de transformer ces zones commerciales en zones mixtes, d'y intégrer des services, des logements, de les végétaliser en les parsemant de voies végétalisées, d'y repenser les déplacements et de les adapter à la circulation piétonne. Dans son dossier de presse, le gouvernement dit par exemple vouloir détruire, reconstruire ou rénover des bâtiments commerciaux pour les surmonter de logements.

Chartres, Grasse et Barentin déjà retenues

Depuis novembre 2022 des groupes de travail rassemblant des élus locaux, des commerçants, des architectes ou des urbanistes discutent des moyens de construire les zones commerciales de demain et d’identifier les obstacles à leur transformation. Une première étape en ce sens a été franchie en juillet par le vote en première lecture au Parlement, dans le cadre du projet de loi industrie verte, d'articles de loi pour faciliter, accélérer et sécuriser leur transformation. Le projet de loi doit notamment rendre possible des projets dérogeant aux règles du Plan Local d'Urbanisme (PLU)  en autorisant des activités de services, d'industrie ou du logement qui n'étaient pas prévues dans ces zones.

Ce lundi, le gouvernement lance donc un appel à projets doté d'une enveloppe de 24 millions d'euros pour accompagner la transformation d'une trentaine de zones commerciales situées à l'entrée des villes. Ils devront se manifester auprès des préfectures, qui effectueront une pré-sélection des dossiers, et l'argent permettra de financer des études préalables et de recruter un chef de projet. Deux vagues de lauréats seront désignés, en novembre 2023 et début 2024. Trois villes ont déjà été retenues : Chartres et la zone commerciale du quartier de la Madeleine (Eure-et-Loir), la zone de la Marigarde à Grasse (Alpes-Maritimes) et enfin la zone commerciale périphérique du Mesnil-Roux à Barentin (Seine-Maritime). 

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