Carte des États-Unis sur écran numérique pixélisé
gettyAlors que la prolifération massive des taxes sur les services numériques devient de plus en plus certaine, les États-Unis feraient peut-être mieux de réévaluer leur opposition catégorique à ces taxes et de consacrer à nouveau leurs ressources à l’élaboration de normes multilatérales en matière de DST.
Les TSN sont encore des instruments de politique fiscale relativement nouveaux qui n’ont pas encore fait l’objet d’un consensus et ne sont donc pas soumis au type de normes multilatérales uniformes qui favorisent la convergence des prix de transfert.
Il n’existe donc pas de définition approuvée par l’OCDE d’une TVD autre que l’article 38 du projet de convention multilatérale sur le pilier 1, qui définit « la TVD ou mesure similaire pertinente » pour inclure largement toute taxe évaluée sur la base de critères de marché, applicable uniquement ou presque entièrement aux non-résidents et traité comme un impôt autre qu'un impôt sur le revenu en vertu du droit interne de la juridiction ou de ses conventions fiscales bilatérales.
Cependant, de nombreux DST s’inspirent de la proposition présentée par la Commission européenne dans une proposition de directive européenne de 2018 (COM(2018) 148 final) qui n’a jamais obtenu le soutien unanime des États membres.
La proposition aurait imposé une taxe de 3 % sur les revenus provenant de l'offre d'espaces publicitaires destinés aux utilisateurs d'un site Web ou de toute autre application en ligne (une « interface numérique »), donnant accès à une interface numérique multiface permettant aux acheteurs de vendre à des clients ou des utilisateurs différents pour interagir entre eux, ou encore vendre des données personnelles collectées auprès des utilisateurs de l'interface.
La proposition de l'UE et les DST nationales qu'elle a inspirées s'appliquent aux revenus provenant des publicités qui apparaissent sur les sites des moteurs de recherche Internet (Google) à côté des résultats de recherche, aux commissions facturées par les plateformes de marché en ligne (Amazon.com, l'App Store d'Apple, Airbnb et eBay). ou des applications de covoiturage (Uber), et les revenus provenant des publicités ciblant les utilisateurs des plateformes de médias sociaux (Facebook et X, anciennement Twitter).
Ils n'incluent pas les frais facturés par les processeurs de paiement en ligne (PayPal), les revenus des services de streaming vidéo (Netflix) et musical par abonnement (Spotify Premium), ni les revenus des services cloud (Amazon Web Services).
Ils excluent également les ventes en ligne des détaillants traditionnels via leurs propres sites Web et tout revenu généré par une entité ne faisant pas partie d’un groupe multinational avec plus de 750 millions d’euros de chiffre d’affaires mondial annuel.
Comme l’explique la Commission européenne dans sa proposition, l’idée était de cibler la valeur générée par l’interaction des utilisateurs locaux entre eux ou avec l’interface numérique, par opposition à la valeur attribuable à l’interface numérique elle-même. La législation nationale calquée sur la proposition de la commission, y compris la DST récemment promulguée par la Nouvelle-Zélande, conserve cette orientation sur la monétisation des données et les services d’intermédiation numérique.
D'autres mesures DST définissent le champ d'application différemment. L’article 12B du modèle de convention fiscale des Nations Unies autorise l’imposition d’un impôt sur l...
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