La peur de la réplique. Au lendemain du séisme meurtrier qui a touché le Maroc, les habitants s'inquiètent de l'éventualité de nouvelles secousses. Après le puissant tremblement de terre, dont le bilan provisoire s'élève à 1037 morts et des centaines de blessés, les spécialistes préviennent que de possibles répliques sont toujours possibles. Malgré tout, elles ne devraient pas être de la même ampleur que la secouse survenue peu après 23h (heure locale), évalué à une magnitude de 6,8 sur l'échelle de Richter.
"Après un séisme, il y a toujours des répliques, avance sur LCI Jean-Paul Montagner, sismologue à l'Institut de Physique du Globe de Paris. Il s'agit de réajustements tectoniques dans la région". D'ailleurs, depuis le tremblement de terre initial, d'autres secousses ont déjà été ressenties, notamment dans la province d'Al-Haouz, lieu de l'épicentre de la catastrophe. Le séisme "a été suivi par des centaines de répliques, dont la plus forte a atteint environ 6 de magnitude", a ainsi précisé Nacer Jabour, chef de division à l’Institut national de géophysique au Maroc.
Comme un élastique qu'on déchire
Philippe Vernant
Pour les heures à venir, il est très difficile pour les experts de déterminer la puissance des possibles répliques attendues, pas plus que leur localisation ou le moment où elles vont survenir avec précision. Celles-ci sont en général plus faibles que le premier séisme. Ce qu'il s'est passé au Maroc la nuit dernière, "c'est comme un élastique qu'on déchire", analyse sur LCI Philippe Vernant, membre de la coordination post-sismique du CNRS. "Mais on a aussi pu induire des déchirures sur l'élastique un peu plus loin, ce qui veut dire qu'on n'est pas à l'abri de déclencher un séisme sur une faille plus éloignée", prévient-il.
Dans ce cas-là, on ne parlerait plus de réplique, mais tout simplement d'un nouveau séisme. C'est d'ailleurs ce qu'il s'est passé il y a quelques mois en Turquie, lors d'un autre épisode sismique.
Alors que de nombreux immeubles sont déjà devenus instables, le principal risque de nouvelles secousses est surtout lié à l'écroulement de nouveaux bâtiments. "La recommandation des autorités de dire aux gens de se mettre à l’extérieur des zones bâties et fragilisées est évidemment la bonne", estimait samedi sur le site de Ouest-France le sismologue Jérôme Van der Woerd. "Ces répliques sont toujours extrêmement difficiles à vivre pour les populations locales parce qu'elles ont lieu sur des structures déjà fragilisées et cela pose un problème qu'il faut suivre pour voir exactement ce qu'il se passe après un séisme", abonde Jean-Paul Montagner, toujours sur LCI.
Après cette catastrophe, les dégâts sont nombreux dans la ville de Marrakech, située assez proche de l'épicentre du séisme. La terre a aussi tremblé dans la capitale Rabat, à Casablanca, à Agadir ou encore à Essaouira, semant la panique parmi la population.
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