Le naufrage de la démocratie libanaise

LOrientLeJour - 08/09
Alors que le Conseil des ministres était supposé, selon une interprétation commune et unanime de l’accord de Taëf, représenter le point de gravité du pouvoir au Liban, voilà que le blocage du...

Alors que le Conseil des ministres était supposé, selon une interprétation commune et unanime de l’accord de Taëf, représenter le point de gravité du pouvoir au Liban, voilà que le blocage du processus électoral présidentiel souligne la centralité d’une fonction essentiellement tenue pour une magistrature morale. La comédie du pouvoir politique général de substitution jouée par un Conseil des ministres, amputé et démissionnaire, emmené par un personnage surgi d’un sérail politicien usé, montre à l’envi l’inanité de vouloir remplacer par une subtilité gestionnaire revancharde un gouvernement légitime. Il est vrai qu’en routier rompu de la manœuvre politicienne, Nagib Mikati, avec le soutien du président de la Chambre, Nabih Berry, rendait la monnaie de sa pièce au président Aoun, qui avait su durant son mandat provoquer la vacance au niveau du poste du chef du gouvernement ou alors jouer d’elle pour affaiblir l’instance gouvernementale.

Quoi qu’il en soit, si ces exercices mortifères, entrepris dans l’irresponsabilité politique la plus grande, enseignent quelque chose, c’est bien qu’en système parlementaire, les pouvoirs politiques se tiennent et s’équilibrent. L’idée folle d’une hégémonie institutionnelle par l’un des pouvoirs ne peut qu’affaiblir l’ensemble de l’édifice constitutionnel. Mais le Liban est-il encore une démocratie parlementaire ?

Errance institutionnelle

La question se pose en ef...
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