Au Chili, une quête de vérité motivée par la culpabilité du survivant

New York Times - 06/09
Le roman d’Ariel Dorfman « The Suicide Museum » utilise la controverse autour de la mort d’un président pour examiner le deuil personnel et collectif.

LE MUSÉE DU SUICIDE, par Ariel Dorfman

Le 11 septembre 1973, le président chilien Salvador Allende est décédé dans le palais national de Santiago lors d'un coup d'État militaire soutenu par les États-Unis et dirigé par le général Augusto Pinochet. Par la suite, l'armée chilienne a annoncé que le suicide était la cause officielle du décès, ce dont de nombreux Chiliens se méfiaient, voire catégoriquement rejetés. Mais en 1990, après 17 années de régime autoritaire au cours desquelles toute contestation de la ligne de la junte était dangereuse, Pinochet perdit le pouvoir et la nature de la mort d’Allende devint rapidement une question publique.

A-t-il été assassiné ? Est-il mort en combattant ou a-t-il choisi la mort plutôt que la capture ? C’est le mystère qui anime « The Suicide Museum », un nouveau roman de l’auteur, dramaturge et activiste chilien américain Ariel Dorfman. L’action se déroule principalement en 1990, pendant les mois passionnants et troublés qui ont suivi le départ de Pinochet, lorsque le Chili commençait à reconstruire sa démocratie tout en « grouillant de criminels, de complices et de collaborateurs ». Son narrateur, également auteur, dramaturge et militant chilien américain nommé Ariel Dorfman, revient à Santiago après des ...
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