Au Royaume-Uni, ces centaines d'écoles menacées d'effondrement à l'heure de la rentrée

LCI - 05/09
[VIDÉO] - Des dizaines d'écoles ont dû fermer totalement ou partiellement pour la rentrée au Royaume-Uni, et d'autres pourraient suivre. En cause, l'utilisation dans les années 1950 d'un béton dont la fragilité s'accentue au fil des ans. La polémique a rattrapé le gouvernement conservateur, accusé de n'avoir pas pris la mesure du problème ces dernières années.

Des dizaines d'écoles ont dû fermer totalement ou partiellement pour la rentrée au Royaume-Uni, et d'autres pourraient suivre.
En cause, l'utilisation dans les années 1950 d'un béton dont la fragilité s'accentue au fil des ans.
La polémique a rattrapé le gouvernement conservateur, accusé de n'avoir pas pris la mesure du problème ces dernières années.

Le retour des cours à la maison pour des milliers d'élèves ? C'est le risque qui plane au Royaume-Uni. Non pas à cause du Covid, mais… d'une menace d'effondrement des écoles. Un scandale qui, à l'heure de la rentrée des classes, agite le gouvernement.

Depuis plusieurs jours, les révélations se multiplient au sujet de l'étendue de l'utilisation d'un béton fragile à partir des années 1950. À l'époque, le pays sort de la guerre en ruines à cause des bombardements allemands. D'où le recours au béton autoclavé armé (Reinforced Autoclaved Aerated Concrete, RAAC), moins cher qu'un béton classique. Mais étant poreux, sa durée de vie est limitée. Après trois ou quatre décennies, il montre des signes de fragilité.

Des milliers d'écoles toujours pas expertisées

Il faudra attendre 2018 et l'effondrement d'un toit dans une école du Kent pour que les autorités mesurent l'ampleur de la menace. Las, le ministère de l'Éducation subit ces années une valse de ministres, changeant pas moins de sept fois de personnes à sa tête. Les inspections dans les établissements ont, elles, débuté en 2021. Il faudra attendre la fin de l'été 2023 pour que les premières fermetures soient ordonnées. 

Des dizaines d'écoles ont dû fermer totalement ou partiellement pour la rentrée, et des inquiétudes sont apparues sur d'autres bâtiments publics comme des hôpitaux ou des tribunaux. La pression s'est accentuée lundi sur le gouvernement. Sur les 22.500 écoles que compte l'Angleterre, 95% sont épargnées par le problème, a déclaré lundi le Premier ministre Rishi Sunak. Si comme le suggère le chef du gouvernement conservateur, 5% des écoles étaient concernées, le nombre d'établissements affectés s'élèverait à 1125.

Le porte-parole de Rishi Sunak a précisé que le gouvernement anticipait que le nombre d'établissements concernés se chiffre en centaines, non en milliers. Problème : pour plusieurs médias, les chiffres évoqués ne seraient que la surface émergée de l'iceberg. Selon le Sunday Mirror, environ 7000 écoles n’auraient pas reçu la visite des inspecteurs. Des dizaines voire des centaines d'entre elles pourraient donc fermer.

La polémique semble avoir mis le feu aux poudres, puisque celle-ci s'étend désormais à d'autres secteurs. La santé par exemple, puisque ce béton poreux a aussi été utilisé pour ériger 41 hôpitaux. Idem dans des palais de justice. Selon le Sunday Times, les murs construits avec ce RAAC peuvent, en se désagrégeant, laisser échapper l'amiante présente dans les bâtiments.  

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En pleine rentrée scolaire, ce dossier est venu s'ajouter aux difficultés qu'affronte le gouvernement à l'approche des prochaines législatives, prévues l'année prochaine. Au pouvoir depuis 13 ans, les conservateurs sont déjà accusés d'avoir laissé les services publics se déliter, notamment dans la santé, et se voient reprocher la crise du coût de la vie provoquée par l'inflation au Royaume-Uni, la plus élevée des pays du G7.

Thomas GUIEN

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