Les jeunes de 7 à 77 ans vont prendre un petit coup de vieux le vendredi 8 septembre. Après 35 ans d’absence, Le Journal Tintin, qui a bercé l’enfance de tant de bédéphiles, revient en libraire grâce au Lombard et aux Éditions Moulinsart. Pas de manière pérenne, mais dans un numéro collector, destiné à célébrer son 77e anniversaire. Et quel numéro : une “brique” de 400 pages, dont plus de 300 illustrées de bandes dessinées inédites à côté d’articles de fonds. L’occasion de découvrir de nouvelles aventures de héros iconiques du 9e art, repris par des grands talents actuels.
Le menu est copieux : Michel Vaillant, Alix, Clifton, Modeste et Pompon, Comanche, Ric Hochet, Chlorophyle, Bob et Bobette, Blake et Mortimer, Robin Dubois Cubitus, Bernard Prince, Dan Cooper, Vasco, Olivier Rameau ou Séraphin Lampion, par exemple, changent parfois radicalement de look tandis que Buddy Longway et Jonathan ont droit à des inédits de leurs créateurs respectifs, Derib et Cosey. Grosse bouffée de nostalgie garantie, tout en appréciant l’évolution depuis le lancement de l’hebdomadaire, le 26 septembre 1946, à l’initiative de Raymond Leblanc, André Sinave et Georges Lallemand. À l’origine, il était vendu 3,50 francs (soit 0,87 euro) pour 12 pages, tirées à 60 000 exemplaires. Hergé en charge de la ligne rédactionnelle recrute des pointures comme Edgar P. Jacobs, Paul Cuvelier ou Jacques Laudy pour imposer un style réaliste et des aventures éducatives. Avec le temps, l’humour va se frayer une place de plus en plus importante, avec l’arrivée de Franquin, Goscinny, Dupa, Turk ou Dany par exemple. Le succès aidant, Tintin va proposer jusqu’à 68 pages et un tirage de 600 000 exemplaires. La belle aventure s’arrête le 29 novembre 1988 : les ayants droit d’Hergé ont choisi de lancer leur propre magazine, Tintin Reporter, sans Le Lombard.
C’en est fini du Journal Tintin. Mais les souvenirs restent. Et Dany, le créateur d’Olivier Rameau (et Colombe Tiredaile) en garde plein la tête à 80 ans. “À 77 ans, à mon anniversaire, lors du festival d’Angoulême, on m’a remis un diplôme m’autorisant à continuer à lire Tintin au-delà de 77 ans, lâche-t-il en riant. Le moment le plus émouvant, mais tous les auteurs vous diront la même chose, c’est la parution des toutes premières planches d’Olivier Rameau dans Tintin. C’était extraordinaire. À l’époque, on ne pensait pas aux albums. On travaillait pour le Journal Tintin. C’est lui qui nous payait à la planche et cela nous permettait de bien vivre, à l’époque. Six mois après avoir commencé, j’ai pu m’acheter une voiture, et tout le monde n’en avait pas à ce moment-là. Aujourd’hui, c’est nettement plus compliqué pour ceux qui se lancent.”
Pourquoi avoir choisi de rendre hommage à Ric Hochet dans ce Tintin du 77e anniversaire ?
“Tibet était mon meilleur ami. L’homme le plus drôle que je connaisse. Il racontait les histoires mieux que n’importe quel humoriste. Mon parcours a commencé grâce à lui. Alors que j’étais à Saint-Luc, à Liège, j’avais été choisi par Mittéï, qui avait besoin d’un assistant. Deuxième coup de chance, il était lui-même l’assistant de Tibet et de Greg. J’ai donc commencé mon métier en faisant les décors de Rick ...
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