RÉCIT. « Pas un mot de breton en classe » : plus d’un siècle d’interdiction de la langue bretonne

Ouest France - 02/09
Pendant plus d’un siècle, la langue bretonne a été frappée d’interdiction. Du début du 19e siècle aux années 1950, l’école a été l’outil central de la répression du breton par l’État français, déterminé à instaurer une langue unique dans tout le pays. Premier épisode de la série du magazine « Bretons » sur la persécution de la langue bretonne.

« Jargons barbares », « idiomes grossiers », « puériles distinctions », « règne du fanatisme »… C’est peu de le dire, l’homme qui prononce ces mots en janvier 1794 ne semble pas beaucoup aimer les langues régionales. Il s’appelle Bertrand Barère de Vieuzac et martèle qu’en Bretagne, « les citoyens naissent et meurent dans l’erreur : ils ignorent s’il existe encore des lois nouvelles ».

Son constat est sans appel : « Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton ». Avec le Comité de salut public, il propose d’envoyer un instituteur de langue française dans chaque commune bretonne, au motif que « chez un peuple libre, la langue doit être une et la même pour tous ».

La liberté pour réprimer

Le français est « la langue de la liberté », le rejoint quelques mois plus tard l’abbé Grégoire, dans son Rapport sur la nécessité et les moyens ...
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